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Cet article est issu du dossier «Changement d’horizon au Togo»

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Économie

Togo : les enjeux du projet d’agropole de Kara

L’agropole de Kara devrait s’étendre sur 165 000 ha et créer au moins 25 000 emplois (photo d'illustration).

L’agropole de Kara devrait s’étendre sur 165 000 ha et créer au moins 25 000 emplois (photo d'illustration). © Flickr/CC/Africa Food Security 12

Pour doper les rendements et la transformation locale, le pays met en place des agropoles rassemblant tous les acteurs d’une filière. Test grandeur nature dans le Nord, avec l’agropole du bassin de la Kara.

« Dans le cadre des agropoles, le gouvernement parie sur une approche pragmatique pour créer les conditions d’installation d’unités agro-industrielles, explique Noël Bataka, le ministre de l’Agriculture. Un plan stratégique identifie dix agropoles, qui seront mises en place graduellement afin de documenter le processus avant leur développement à plus grande échelle à travers le pays. »


>>> À LIRE – La transformation de notre agriculture doit être menée de manière participative


Identifiée parmi les huit projets prioritaires du Plan national de développement (PND) 2018-2022, l’agropole du bassin de la Kara (Nord-Est) sera la première à voir le jour. Un site stratégiquement situé sur le corridor routier Lomé-Ouagadougou, pratiquement à mi-chemin entre les deux capitales – et leurs grands marchés.

L’enjeu, pour ces pôles de compétitivité, est de parvenir à conjuguer les intérêts des communautés et des exploitations familiales à ceux des investisseurs privés, en mobilisant des producteurs, des industriels, ainsi que des négociants et distributeurs de mêmes filières. À Kara, ce sera autour des chaînes de valeur du maïs, du riz, du sésame, de l’anacarde, de la volaille et des boissons. Objectif : doper les rendements, mutualiser les équipements, développer la transformation locale et aussi faciliter l’accès aux marchés.

25 milliards de F CFA

L’Agence de promotion et de développement des agropoles au Togo (Aprodat) a lancé les appels d’offres pour l’aménagement du parc pilote de Kara et la construction de ses infrastructures (dont l’édification de deux barrages et l’aménagement des périmètres irrigués associés).

Ces travaux représentent un investissement d’environ 25 milliards de F CFA (plus de 38 millions d’euros) hors énergie et télécoms. Sur un montant global estimé à 65 milliards de F CFA, 38 milliards auraient déjà été mobilisés au début de mai, notamment grâce à la BAD et à la fondation sud-coréenne Saemaul.

L’Aprodat conçoit par ailleurs des dispositifs pour sélectionner les investisseurs privés. « Le Togo a choisi de concéder des terres de façon à ne pas exproprier les communautés. Pendant ce processus qui vise à sécuriser le foncier, nous mobilisons les opérateurs privés nationaux et étrangers autour d’une série de projets, afin de booster l’investissement », assure Noël Bataka.

L’agropole de Kara devrait s’étendre sur 165 000 ha et créer au moins 25 000 emplois

Au moins 25 000 emplois

Partenaire de cette politique, la BAD, qui avait déjà soutenu les études techniques et de rentabilité des filières à hauteur de 100 millions de F CFA, a mobilisé une ligne de crédit de 50 milliards de F CFA sur son guichet destiné au secteur privé, afin d’accompagner les nouveaux investissements.

L’agropole de Kara devrait s’étendre sur 165 000 ha et créer au moins 25 000 emplois. De quoi apporter d’ici à 2022 deux points supplémentaires à la croissance du PIB agricole (qui était de 7 % en 2018), doper les ventes, à l’export comme au niveau local, et donc réduire les importations agroalimentaires pour ramener le déficit de la balance agricole à 38 %, au lieu de 44 % actuellement.

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