CAN 2019

CAN 2019 : le Sénégal, favori malgré lui

Lors du match Sénégal-Zimbabwe, pendant la CAN 2017, au Gabon.

Lors du match Sénégal-Zimbabwe, pendant la CAN 2017, au Gabon. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Effectif de haut niveau, encadrement de qualité, parcours sans faute lors des qualifications… Les Lions de la Teranga partent avec les faveurs du pronostic. Mais restent humbles.

Le Sénégal est la première nation africaine au classement Fifa. Il dispose de joueurs de niveau international et ses défaites sont rares. Pourtant, le sélectionneur Aliou Cissé et ses hommes passent une partie de leur temps à répéter que le costume « est trop ample pour une équipe qui n’a jamais rien gagné en Afrique », comme le rappelle son capitaine, Kouyaté. La dernière vraie performance continentale du Sénégal remonte à 2002 et à une finale de CAN perdue face au Cameroun (0-0, 2-3, aux tirs au but).

Les Lions de la Teranga ont tenté de faire glisser sur d’autres – Égypte, Maroc, Nigeria – la pression qui les escorte. En vain. Les éléments de langage distillés à longueur d’interviews n’ont pas vraiment convaincu les Sénégalais, à commencer par le premier d’entre eux, le président Macky Sall. Lors de la traditionnelle remise du drapeau, il a demandé aux joueurs d’Aliou Cissé de ramener la coupe à la maison, et personne n’a osé le contredire.

La leçon du Mondial

Pour Claude Le Roy, sélectionneur du Sénégal de 1989 à 1992, l’équipe a le profil pour succéder au Cameroun, champion d’Afrique en 2017 à la (quasi-)surprise générale. « Pourquoi ? Parce que cette équipe coche toutes les cases, tout simplement ! Elle a un bon gardien (Mendy), un excellent défenseur central (Koulibaly), un milieu de terrain de haut niveau (Gueye) et deux attaquants (Sarr et Mané) dont on connaît les qualités, surtout celles du dernier, qui réalise sans doute la meilleure saison de sa carrière », poursuit l’actuel coach du Togo.

Le footballeur sénégalais Saliou Ciss, au centre, durant la Coupe du monde de football 2018 en Russie, le 28 juin 2018. © Martin Meissner/AP/SIPA

Le Français ne comprend pas pourquoi les joueurs et leur staff technique n’assument pas leur statut. « Ils devraient le faire. Peut-être disent-ils cela car il est souvent arrivé au Sénégal de craquer mentalement. » L’explication est recevable, et un récent épisode accrédite cette thèse. Lors de la Coupe du monde 2018, en Russie, les Lions, après avoir battu la Pologne (2-1) et fait match nul avec le Japon (2-2), avaient échoué face à la Colombie (0-1), alors qu’un simple score de parité leur aurait suffi pour atteindre les seizièmes de finale.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : aucune défaite, douze buts marqués, deux encaissés, et une impression de force, de sérénité, de qualité technique et athlétique. Cette équipe a un vécu, du talent, elle est capable de gagner cette CAN

Depuis, les Sénégalais ont digéré cette déception en se qualifiant sans difficulté majeure pour la CAN 2019, grâce à un parcours quasi parfait réalisé contre Madagascar (2-2, 2-0), le Soudan (3-0, 1-0) et la Guinée équatoriale (3-0, 1-0). « Les chiffres parlent d’eux-mêmes : aucune défaite, douze buts marqués, deux encaissés, et une impression de force, de sérénité, de qualité technique et athlétique. Cette équipe a un vécu, du talent, elle est capable de gagner cette CAN », estime l’ancien international Ferdinand Coly, qui avait participé à la trajectoire historique des Lions lors du Mondial 2002, jusqu’en quarts de finale.

Stabilité technique

Le Sénégal a également décidé de miser sur la stabilité technique, de ne pas céder à la tentation de tout remettre en question après les éliminations en quarts de finale de la CAN 2017 et au premier tour de la Coupe du monde.

Avoir conservé le même sélectionneur est important. Depuis qu’il est en place, il a fait progresser le football sénégalais et il a rempli les caisses de la fédération en qualifiant son équipe pour toutes les compétitions dans lesquelles elle était engagée

Chaque fois, Aliou Cissé a été confirmé dans ses fonctions. Et plus de quatre ans après sa nomination, en 2015, l’ancien capitaine des Lions a fait de son équipe l’une de celles qui comptent en Afrique. « Avoir conservé le même sélectionneur est important et explique aussi pourquoi le Sénégal est à ce niveau, ajoute Ferdinand Coly. Nous terminons avec lui un premier cycle de quatre ans ; et, depuis qu’il est en place, il a fait progresser le football sénégalais, mais aussi, accessoirement, il a rempli les caisses de la fédération en qualifiant son équipe pour toutes les compétitions dans lesquelles elle était engagée. »

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