Football

Football : dans les coulisses de l’affaire Ahmad Ahmad

Ahmad Ahmad, le président de la Confédération africaine de football, en mars 2017. © Mosa’ab Elshamy/AP/SIPA

Ahmad Ahmad, le président malgache de la Confédération africaine de football, a été entendu dans le cadre de la rupture unilatérale du contrat qui liait la CAF à l’équipementier Puma, pour s’associer à la place à la société Tactical Steel. Les raisons avancées par les différentes parties divergent.

Le 6 juin, Ahmad Ahmad, le président de la CAF, a été interpellé à Paris et placé en garde à vue – une information révélée en exclusivité sur ja.com. Interrogé par les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), il a dû s’expliquer sur la résiliation, à la mi-­décembre 2017, d’un contrat d’équipement de 312 000 euros que la CAF avait conclu avec Puma dans le cadre du Championnat d’Afrique des nations 2018 (Chan). Une résiliation sans raison valable selon Puma.

Dans l’urgence, pour remplacer l’équipementier, le Malgache avait chargé l’un de ses assistants, Loïc Gérand, de travailler à un nouveau contrat. Gérand avait alors contacté l’un de ses amis, Romuald Seillier, à l’époque directeur du développement de la société Tactical Steel, sise dans le Var (sud de la France), qui s’est rapprochée d’Adidas. Un nouveau contrat a ensuite été signé, d’un montant de 1,05 million d’euros, soit 735 000 euros de plus que le précédent.


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Un règlement de comptes interne à la CAF ?

Sur la base de documents publiés dans un magazine sportif algérien et dont JA n’a pas pu confirmer l’authenticité, Ahmad aurait provoqué la rupture avec Puma pour surfacturer le contrat avec Tactical Steel et détourner, au passage, une partie des sommes. Selon l’entreprise varoise, le montant élevé du contrat s’explique au contraire par la rapidité avec laquelle il a dû être négocié et par le fait qu’il offrait davantage de services que le premier. Tactical Steel a déposé plusieurs plaintes au commissariat de Toulon (Var) pour diffamation, faux et usage de faux, et usurpation d’identité.

Contacté par JA, Romuald Seillier, « très en colère », estime que son entreprise (il en est entre-temps devenu le directeur général) fait les frais d’un règlement de comptes interne à la CAF entre Ahmad Ahmad et l’Égyptien Amr Fahmy, son ex-secrétaire général. À la fin de mars, ce dernier avait accusé le Malgache de « mauvaise gestion » devant la commission d’éthique de la Fifa, avant d’être limogé à la mi-avril.

Le patron de la CAF est quant à lui ressorti libre le 6 juin. L’enquête suit son cours à l’OCLCIFF et au sein de la police judiciaire de Marseille.

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