Politique

Mauritanie : dix choses à savoir sur Messaoud Ould Boulkheir

Messaoud Ould Boulkheir, patron de l’Alliance populaire progressiste (APP).

Messaoud Ould Boulkheir, patron de l’Alliance populaire progressiste (APP). © Capture écran/YouTube/CridemClaude

Ce héraut de la lutte contre l’esclavage en Mauritanie a annoncé son ralliement à Mohamed Ould Ghazouani, le candidat du pouvoir, pour la présidentielle du 22 juin.

1. Incroyable ascension

Né en 1943 dans un village proche de Néma (Sud-Est), il commence sa carrière en tant que commis d’administration à Atar. Il est le premier haratine [descendant d’esclaves] à avoir accédé aux plus hautes fonctions : préfet, gouverneur, ministre, député, président de l’Assemblée nationale.

2. Démission ?

En 1984, sous la présidence de Maaouiya Ould Taya, il devient ministre du Développement rural. En privé, il ose s’opposer à ce colonel autoritaire et il finit par quitter ses fonctions en 1988, à la veille des « années de braise ». Limogeage ou démission ? Le mystère reste entier.

3. Émotif

Réputé sanguin, il est aussi très sensible et il a la larme facile. Lors de la campagne présidentielle de 2009, durant un meeting, il n’a pu contenir son émotion en voyant les notables de la ville rassemblés devant lui.

4. Indigné

Cofondateur de l’organisation El Hor, il est à l’origine de la criminalisation de l’esclavage, contre lequel il s’est battu toute sa vie. Aboli en 1981, celui-ci n’a été interdit qu’en 2007, sous la présidence de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, mais la loi est rarement appliquée.


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5. Éternel rival

Lors de la présidentielle de 1992, quand l’opposition opte pour une candidature unique et choisit Ahmed Ould Daddah pour la représenter, « Messaoud » se sent trahi mais décide de le soutenir malgré tout. Il a toujours estimé que le patron du Rassemblement des forces démocratiques (RFD) devait lui rendre la pareille, ce à quoi ce dernier n’a jamais consenti.

6. Impertinent 

Il est un fumeur de moneija, un tabac très fort. En 2003, alors qu’il participe à une réunion avec Mohamed Khouna Ould Haidalla, l’ancien chef de l’État, et Ahmed Ould Daddah, ce dernier se dit gêné par l’odeur de la pipe. En guise de réponse, il lui souffle la fumée au visage.

7. Leader

Il incarne aujourd’hui l’Alliance populaire progressiste (APP), qui a été fondée par les nasséristes mauritaniens. Candidat de ce parti à la présidentielle de 2003, il en a pris la tête l’année suivante.

8. « Hassanophone »

Il aime à employer ce mot (formé à partir de hassania, le dialecte arabe mauritanien) et répète qu’il incarne une « communauté de culture ». « Il dit qu’il ne se définit pas uniquement par sa couleur de peau, rapporte un proche. Il se revendique comme un Maure, à la fois haratine et beydane [arabo-berbère] ».


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9. Regrets 

Après avoir échoué en 2003, 2007 et 2009, et ayant dépassé la limite d’âge de 75 ans, il doit désormais renoncer à la magistrature suprême. « J’aurais aimé que les Mauritaniens me testent en tant que chef de l’État », soupire-t-il.

10. Yeux baissés 

Avant d’annoncer son soutien à Mohamed Ould Ghazouani, il l’a reçu à plusieurs reprises à son domicile. Étant son aîné, il a beaucoup apprécié que, face à lui, le candidat garde les yeux baissés, comme le veut la tradition maure.

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