Politique

Sénégal : dix choses à savoir sur Mamadou Diop Decroix, figure de proue de la gauche

Mamadou Diop Decroix.

Mamadou Diop Decroix. © Sylvain Cherkaoui pour JA

Fer de lance de la gauche sénégalaise, Mamadou Diop Decroix représente l’opposition dans le cadre du dialogue national qui s’est ouvert le 28 mai.

1. Soixante-huitard

Natif de la région de Thiès, ce militant maoïste fait ses études à Dakar, au lycée Lamine-Gueye, puis à l’université Cheikh-Anta-Diop. En mai 1968, il est l’un des fers de lance de la contestation étudiante qui fait vaciller le régime de Léopold Sedar Senghor, aux côtés de personnalités telles qu’Omar Blondin Diop ou Abdoulaye Bathily.

2. À la caserne !

Cet engagement lui vaut d’être exclu de l’université de Dakar et enrôlé de force dans l’armée en 1971. Depuis sa garnison, en Casamance, il est en contact avec des combattants du PAIGC, qui se battent pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert.

3. Arachide

Il devient un influent leader syndical au sein de l’Office national de coopération et d’assistance au développement (Oncad), qui régit la filière de l’arachide, vitale pour le pays, de 1966 à sa dissolution en 1980.

4. Ministre de Wade

Allié du Parti démocratique sénégalais (PDS), il a été plusieurs fois ministre d’Abdoulaye Wade entre 2000 et 2009, se voyant confier les portefeuilles de la Culture, de la Communication, ou du Commerce.

Abdoulaye Wade, le 13 février 2019 lors du comité directeur du PDS, à Dakar.

Abdoulaye Wade, le 13 février 2019 lors du comité directeur du PDS, à Dakar. © Sylvain Cherkaoui pour JA

5. Meilleur ennemi

Avant qu’ils ne se déchirent devant les tribunaux en 2009, il a été proche d’une autre figure de la gauche, Landing Savané, plusieurs fois candidat à la présidentielle. En 1974, les deux hommes ont fondé And-Jëf/Mouvement révolutionnaire pour la démocratie nouvelle (AJ/MRDN), un parti marxiste clandestin que les autorités ont reconnu sept ans plus tard. En 1992, il est rebaptisé And-Jëf/Parti africain pour la démocratie et le socialisme (AJ/PADS). En 2009, Decroix écarte Savané et en devient le secrétaire général.

6. Arrestations

Il est arrêté à de nombreuses reprises (en mai 1968, dans les années 1970 et 1980) sous la présidence de Senghor puis sous celle d’Abdou Diouf. Sa dernière interpellation remonte à septembre 2018, à Dakar, lors d’une marche de l’opposition contre Macky Sall.

7. Drôle de duo

Il a cosigné La Cause du peuple, un livre d’entretiens avec El Hadj Hamidou Kassé, un ancien militant de gauche devenu journaliste, et aujourd’hui… conseiller à la communication de Macky Sall avec rang de ministre d’État.


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8. Rupture ?

Quelques semaines avant l’élection présidentielle de février, il s’est rallié à Idrissa Seck. Une prise de position interprétée comme une rupture avec Abdoulaye Wade, qui refusait de soutenir toute autre candidature que celle de son fils, Karim.

9. Coalition

Depuis 2012, il est dans l’opposition à Macky Sall. Député du groupe parlementaire des Libéraux et démocrates, il coordonne le Front de résistance nationale (FRN), principale coalition de l’opposition.


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10. Surnom

Tout le monde le connaît sous le nom de Mamadou Diop « Decroix ». À l’en croire, ce surnom remonte à ses années de lycée : il avait corrigé une erreur d’énoncé commise par son professeur de mathématiques, un certain M. Decroix. Ce surnom lui est resté.

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