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Agroalimentaire

Côte d’Ivoire : comment doper la valeur ajoutée en milieu rural

Cette année, 138,2 milliards de F CFA ont été alloués au développementdes aménagements hydroagricoles et à la diversification. Ici, une plantation d’ananas, à Bonoua, à 35 km d’Abidjan. © REUTERS

Le Programme national d’investissement agricole de 2013 à 2017 a réformé les filières. Sa seconde phase (2018-2025) met l’accent sur la transformation locale des productions.

« Les objectifs du programme national d’investissement agricole (PNIA) sont de faire reculer la pauvreté, d’assurer la sécurité alimentaire, de créer plus de 2 millions d’emplois supplémentaires et d’assurer la transformation de 50 % de notre production à l’horizon 2020. Sur tous ces points, nous progressons », assure le ministre ivoirien de l’Agriculture, Mamadou Sangafowa Coulibaly.

Depuis sa mise en œuvre, en 2013, la politique agricole a en effet permis d’infléchir les mauvaises tendances (faiblesse des investissements et de la productivité, mauvaise gouvernance dans certaines filières, mise sur le marché des produits mal assurée…).

De fait, le PNIA 2013-2017 a réorganisé les filières, comme celle du café-cacao, en engageant des réformes qui ont amélioré leur mode de gestion et de direction, et en mettant en place des interprofessions de l’oignon, du palmier, du riz, etc. « Aucun bilan n’est disponible sur ces différentes réformes, tempère toutefois un cadre de la Chambre d’agriculture, qui préconise des études pour en évaluer l’impact. Et le manque de mécanisation demeure un frein… On en est encore à la machette et à la daba. »

Expert en politique agricole auprès de la Cedeao, le Français Roger Blein renchérit : « La Côte d’Ivoire a pris conscience que, sur des filières à l’export comme le café-cacao, on a beau être le premier producteur, c’est en se réappropriant une partie de la valeur ajoutée liée à la transformation qu’elle pourra profiter de la forte demande alimentaire. »

Des financements mieux ciblés et plus accessibles

Sur le budget 2019, le secteur agricole bénéficie d’une enveloppe de 138,2 milliards de F CFA (près de 210,7 millions euros) destinée au développement des aménagements hydroagricoles et à la diversification.

« Par ailleurs, nous avons déjà engagé plus de 52 % de l’enveloppe budgétaire, c’est-à-dire plus de 1 000 milliards de F CFA », précise Mamadou Sangafowa Coulibaly, parlant du décaissement du budget de la phase 1 (2013-2017), d’un montant global de 2 040 milliards.


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Alors que l’agriculture et la pisciculture pèsent pour plus de 20 % dans son PIB, la Côte d’Ivoire a encore du mal à libérer son immense potentiel en raison de problèmes liés au foncier, à l’accès aux financements, ainsi qu’à l’environnement des affaires

Vers des investissements privés

L’un des objectifs de la seconde phase du programme (PNIA II), qui couvre la période 2018-2025, est justement d’accroître la valeur ajoutée en s’attaquant à ces freins.

« Au-delà des enjeux d’emplois et de revenus, ce programme vise aussi à moderniser l’exploitation familiale en passant par de grands investissements privés, qui vont privilégier l’agrégation avec les paysans [l’agrégation consistant, pour un investisseur, à préfinancer les productions auprès des paysans auxquels il est lié par un contrat d’achat] », analyse Roger Blein, en déplorant toutefois les difficultés à définir une réelle stratégie à long terme pour le développement agricole.

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