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Cet article est issu du dossier «Le Cameroun en équilibre instable avant les législatives»

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Politique

[Édito] Le Cameroun en équilibre instable

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Par  Olivier Caslin

Olivier Caslin est spécialiste des transports et des questions économiques multilatérales. Il suit également l'actualité du Burundi, de Djibouti et de Maurice.

Un drapeau camerounais durant la campagne présidentielle de 2018. Photo d'illustration.

Un drapeau camerounais durant la campagne présidentielle de 2018. Photo d'illustration. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Confronté à la crise anglophone et aux attaques de Boko Haram, le Cameroun est dans une position délicate. Dans un tel contexte, les élections législatives de novembre font office de véritable troisième tour, notamment pour le chef de l’État Paul Biya.

Le Cameroun est dans une position inconfortable ces derniers mois. La situation sécuritaire du pays reste toujours aussi délicate, entre la crise anglophone qui paralyse le Sud-Ouest et les attaques terroristes de Boko Haram, qui continue de frapper le Nord. Sa santé économique est encore chancelante, au lendemain de la brutale chute des cours pétroliers qui a touché l’ensemble des pays de la Cemac en 2017. Et si le Cameroun s’en sort mieux que ses voisins, les taux de croissance qu’il affiche ne lui permettront pas d’être au rendez-vous de l’émergence, fixé à 2035 par Paul Biya.

Pour le chef de l’État, le plus important semblait avoir été acquis avec sa réélection – sans surprise – en octobre. Sauf que, depuis, la scène politique du pays, si réputée pour sa stabilité, symbolisée par les trente-sept années de règne en continu du chef de l’État, est des plus agitées. La faute en revient, selon les tenants du pouvoir, à l’opposition, qui persiste à contester sa défaite, à commencer par le candidat battu, Maurice Kamto, autoproclamé « président élu ».


>>> À LIRE – Cameroun : Maurice Kamto, rebelle malgré lui


Le « vrai » chef de l’État a cru pouvoir remettre un peu d’ordre dans la maison en emprisonnant le récalcitrant. Mais c’est aujourd’hui lui qui se retrouve sous les feux des projecteurs, allumés par une communauté internationale inquiète de la tournure que prennent les événements.

Le regard porté sur les législatives

Dans un tel contexte, tous les Camerounais semblent porter leur attention vers les prochaines élections législatives, attendues pour le mois de novembre. Très peu suivies en temps normal, elles font cette fois office de véritable troisième tour, notamment pour le chef de l’État, qui doit en profiter pour remporter la majorité parlementaire qui lui permettra d’asseoir son pouvoir.

Paul Biya aura alors toutes les cartes en main pour remettre son pays sur les rails du développement économique. Et préparer en toute sérénité, un huitième mandat, si le cœur lui en dit, en 2025. À l’âge de 92 ans.

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