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Cet article est issu du dossier «Le Cameroun en équilibre instable avant les législatives»

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Politique

Cameroun – Grégoire Owona : « Le président Paul Biya ne veut pas voir le pays morcelé »

Grégoire Owona, ministre camerounais du Travail, de la Sécurité sociale et secrétaire général adjoint du RDPC.

Grégoire Owona, ministre camerounais du Travail, de la Sécurité sociale et secrétaire général adjoint du RDPC. © MABOUP pour JA

Dialogue politique avec l'opposition, crise anglophone, arrestation de Maurice Kamto... Grégoire Owona, ministre camerounais du Travail, de la Sécurité sociale et secrétaire général adjoint du RDPC, revient sur les dernières actualités qui agitent le pays.

À 69 ans, Grégoire Owona est l’un des plus fidèles collaborateurs du président Paul Biya. Il occupe depuis 1992 le poste de secrétaire général adjoint du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Une fonction qu’il cumule depuis 2011 avec celle de ministre du Travail et de la Sécurité sociale. Dialogue politique avec l’opposition, crise anglophone, arrestation de Maurice Kamto… il revient pour Jeune Afrique sur les dernières actualités qui agitent le pays.

Jeune Afrique : Les députés du RDPC ont voté une révision partielle du code électoral plutôt que de réexaminer l’ensemble du texte, comme le demandait l’opposition. Le dialogue est-il encore possible dans le système politique camerounais ?

Grégoire Owona : Il n’y a aucune raison de penser que nous puissions être hostiles au dialogue. La révision du code visait à introduire des élections régionales. Nous pourrons envisager quelque chose de plus global le moment venu, si cela s’avère nécessaire. Mais, dans une démocratie, celui qui contrôle la majorité a le droit de faire des choix politiques. Et en attendant que les règles actuelles changent, il faut les respecter.

Nous souhaitons aller plus loin dans le dialogue pour que cessent les exactions commises par ceux qui ont pris le maquis

L’exécutif parle de dialogue dans les zones anglophones. Mais avec quels négociateurs ?

Les interlocuteurs côté gouvernemental sont bien connus. Les Premiers ministres se sont succédé auprès de la population et des leaders traditionnels de ces régions. Le secrétaire général du RDPC [Jean Nkuete] était sur le terrain, et je m’y suis moi-même rendu. Malheureusement, la crise persiste, et nous souhaitons aller plus loin dans le dialogue pour que cessent les exactions commises par ceux qui ont pris le maquis et le quittent pour tuer, piller, détruire les villages… Nous attendons d’avoir devant nous des gens reconnus comme porte-parole de leur camp. C’est plutôt de ce côté qu’il faut demander qui sont les interlocuteurs.

Paul Biya a créé une structure de réinsertion, exhorté au pardon et au dialogue. Que faut-il de plus ?

Les leaders aujourd’hui emprisonnés ne sont-ils pas les seuls capables de faire taire les armes du côté des sécessionnistes ?

Si c’est le cas, qu’ils donnent des mots d’ordre pour que cesse la violence et qu’ils désignent leurs représentants pour discuter de la paix. Le président Paul Biya les a invités à déposer les armes. Il a créé une structure de réinsertion, exhorté au pardon et au dialogue. Que faut-il de plus ?

Le 9 mai à Bamenda, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, a affirmé que le chef de l’État était prêt à débattre de tout, sauf de la sécession. Le fédéralisme est-il désormais une option pour le pouvoir de Yaoundé ?

Je ne sais pas si le fédéralisme est une option, mais il n’a jamais été un tabou au Cameroun. Dans ses textes fondateurs, le SDF (Front social démocrate) prône ce système, et c’est un parti autorisé. Nous sommes prêts à en discuter car cela nous donnera l’occasion de faire valoir nos arguments pour la décentralisation telle que voulue par le président. Mais toute sécession est à exclure. Le président a hérité d’un pays uni et il ne veut pas le voir morcelé.

Force doit rester à la loi. Maurice Kamto a été interpellé pour des activités illicites et violentes dans plusieurs capitales

La communauté internationale dénonce l’arrestation de Maurice Kamto. Comment le gouvernement peut-il gérer cette situation ?

Les organismes internationaux n’ont pas à faire pression, ni à nous donner de leçons. Force doit rester à la loi. Maurice Kamto a été interpellé pour des activités illicites et violentes dans plusieurs capitales. Des personnes ont brandi des portraits de lui au cours de ces actions. Il appartient à la justice de déterminer les responsabilités de chacun, de les libérer ou de les condamner.

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