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Cet article est issu du dossier «Le Cameroun en équilibre instable avant les législatives»

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Vie des partis

Cameroun : l’opposition en ordre dispersé avant les législatives

Un partisan du Social Democratic Front (SDF) lors de la campagne présidentielle.

Un partisan du Social Democratic Front (SDF) lors de la campagne présidentielle. © ALEXIS HUGUET/AFP

Tous les partis d'opposition sont d'accord pour attaquer le pouvoir de front aux élections législatives de novembre prochain. Mais pas forcément à l'unisson...

Les incertitudes sont grandes à l’approche des prochaines législatives, attendues en novembre au Cameroun. Préoccupée par la crise anglophone et perturbée par le malaise ambiant qui plane depuis la présidentielle d’octobre 2018, la classe politique semble faire peu de cas de ce scrutin, qui avait été reporté en juillet de la même année.

Mais, à quelques mois de l’échéance, les préparatifs vont bon train. S’ils restent discrets, ils occupent une place de choix dans les agendas des différents partis.

Il faut dire que l’enjeu est crucial pour l’opposition. Depuis la présidentielle, durant laquelle ont émergé de nouveaux visages, elle cherche à redessiner la carte politique du pays. Et elle ne veut pas perdre de temps : le pouvoir semble avoir tiré des leçons de ses dernières contre-performances et reprendre du poil de la bête ces dernières semaines.

Pour éviter que le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) et ses alliés ne profitent une nouvelle fois de leur désunion, les états-majors des différents partis d’opposition peaufinent leur stratégie.

Fragiles alliances

Mais, à ce jour, aucun bloc commun n’est envisagé. Malgré les appels à l’union de certains acteurs politiques, les rares alliances constituées pendant la présidentielle battent de l’aile. Leader du mouvement Onze Millions de citoyens (OMC), Cabral Libii est ainsi accusé de fronde par le parti Univers, qui l’avait investi à la présidentielle. Contrairement à la convention qui les liait, celui-ci est en train de créer sa propre formation, Les Citoyens, et s’apprête à présenter ses propres candidats.

Soudée jusqu’à la proclamation des résultats à la présidentielle, la coalition constituée par Maurice Kamto et Akere Muna a finalement éclaté. Alors que le premier est en prison depuis plusieurs mois, le second renonce à la création de son parti politique – qu’il avait pourtant plusieurs fois annoncée – pour mieux se consacrer à la résolution de la crise anglophone.

Quant à la participation du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), elle reste en suspens à la suite de l’incarcération de ses principaux leaders. Les troupes du MRC continuent cependant à s’activer sur le terrain, tout comme celles du Social Democratic Front (SDF), malgré les troubles dans son fief anglophone. Dans un paysage politique en pleine mutation, les formations politiques de tous bords ont bien conscience que boycotter ces législatives reviendrait à signer leur arrêt de mort.

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