BTP & Infrastructures

En Afrique, les cimentiers se vouent une guerre des prix sans merci

À Mfila, le nigérian Dangote a récemment ouvert la plus grande cimenterie d’Afrique centrale.

À Mfila, le nigérian Dangote a récemment ouvert la plus grande cimenterie d’Afrique centrale. © Muriel Devey Malu Malu pour JA

Même s’ils ont rebondi après le choc des dévaluations, les cimentiers africains sont à la peine en raison d’une guerre des prix sans merci.

Essentiel à d’innombrables activités dérivées, le secteur des matériaux de construction offre un bon témoignage de la santé d’une économie. Et, en la matière, cette édition est plutôt rassurante. Le chiffre d’affaires cumulé de ce top 50 a gagné plus de 10 % et a repassé la barre symbolique des 10 milliards de dollars.

Toutefois, la reprise n’efface pas le plongeon des deux éditions précédentes (- 5 % et – 25 %), qui s’expliquait pour beaucoup par la glissade des monnaies de deux des poids lourds du continent, l’Égypte et le Nigeria. Des dévaluations qui ont eu un effet trompe-l’œil.

Durant ces temps apparemment difficiles, le nigérian Dangote Cement connaissait une croissance soutenue en volume. Son chiffre d’affaires en nairas a gagné 80 % entre 2015 et 2018, alors qu’il chutait en dollars ! Et ses marges sont restées très confortables en 2017, notre année de référence. Ce n’est pas le cas de Lafarge Nigeria, qui affiche une perte liée à des dépréciations d’actifs post-fusion Lafarge-Holcim.

Dans le rouge

En Afrique de l’Est, la situation n’est guère brillante. La conjonction de surcapacités, liées à l’ouverture continue de cimenteries, et d’une croissance moins forte dans le BTP a poussé de nombreux acteurs dans le rouge, tels East African Portland au Kenya et Tanga en Tanzanie.

Au Maroc, les cimentiers – d’ordinaire très prospères – ont dû affronter eux aussi des conditions plus délicates. Au plus bas depuis dix ans, le marché a baissé de 3,7 % en 2018, après un recul de 2,5 % en 2017.

En Afrique de l’Ouest – hors Nigeria –, les batailles de marché se sont intensifiées en 2017, par exemple au Sénégal, entre le leader Sococim (filiale de Vicat, absent de notre classement faute de données) et le nouvel entrant Dangote Sénégal.

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