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Mines : le sud-africain DRDGold marche sur l’or

Jusqu’au rachat de Far West, c’est le site d’Ergo qui constituait le cSur de ses ressources.

Jusqu’au rachat de Far West, c’est le site d’Ergo qui constituait le cSur de ses ressources. © Waldo Swiegers/Bloomberg/Getty Images

La compagnie sud-africaine DRDGold a déserté les mines souterraines pour exploiter des résidus de surface. Et s’est rapprochée du grand producteur Sibanye-Stillwater.

Avec une histoire remontant à la fin du XIXe siècle, quand la ruée vers l’or fit sortir Johannesburg de terre, DRDGold reste la plus ancienne entreprise cotée à la Bourse de la ville sud-africaine. Ayant doublé ses réserves et accueilli un nouvel actionnaire, elle est aujourd’hui à un tournant de son existence.

Compagnie minière classique à l’origine, la société, qui emploie 900 salariés et quelque 1 400 contractuels, s’est depuis spécialisée dans la récupération de résidus d’or déposés en surface après l’exploitation de gisements par d’autres entreprises. L’or y étant présent à faible dose, le travail de récupération est vorace en temps et en énergie, et demande une forte expertise, rendant l’activité coûteuse.

Des réserves augmentées de 90 % grâce au rachat de Far West Gold Recoveries

En 2018, avec 173 millions de dollars de chiffre d’affaires, la société a seulement dégagé 450 000 dollars de bénéfices – une baisse de moitié par rapport à l’année précédente, pour partie due aux coupures de courant, fréquentes au pays d’Eskom. Mais une acquisition d’importance pourrait lui ouvrir un avenir plus radieux. En juillet 2018, la compagnie a racheté Far West Gold Recoveries, un site à l’ouest de Johannesburg détenu par le géant minier Sibanye-Stillwater. Cela a augmenté ses réserves d’or de 90 % – à 170 tonnes – et devrait, à terme, au moins doubler son chiffre d’affaires.

La société peut désormais survivre même si le prix du métal jaune vient à baisser

Pour Maria Rosa Gobitz, analyste chez Wood Mackenzie, « l’actif principal de DRD était jusque-là Ergo, un site très onéreux à exploiter ». Far West devrait être plus rentable, la teneur en or y étant deux fois plus élevée. « La société peut désormais survivre même si le prix du métal jaune vient à baisser. C’était l’une des craintes majeures pour DRD il y a encore un an », note Leon Esterhuizen, analyste minier pour la banque sud-africaine Nedbank.

Les réserves d’Ergo se tariront sans doute ces dix prochaines années, juge Maria Rosa Gobitz. Mais l’acquisition de 2018 change la donne. « Dans la région du West Rand [où se situe Far West], il y a assez de résidus miniers pour occuper DRD pendant encore cinquante ans », estime Leon Esterhuizen.

Des générateurs contre les délestages

L’entreprise pourrait aussi se lancer dans le platine en profitant des liens avec son nouvel actionnaire, Sibanye-Stillwater. La reprise de Far West s’est en effet effectuée contre 38 % du capital de DRD, sous forme d’actions nouvelles. De plus, Sibanye-Stillwater a l’option d’augmenter sa part jusqu’à 50,1 % dans les deux ans. Une opération lancée par Niel Pretorius, le patron de DRD. Ses conditions sont jugées sévèrement par certains analystes, Sibanye ayant bénéficié d’une décote de 10 % par rapport au prix du marché. « Je n’avais jamais vu une société se vendre au rabais comme cela. Cet accord n’est pas satisfaisant », s’insurge Leon Esterhuizen.

Quoi qu’il en soit, le groupe a d’autres préoccupations, très terre à terre. Devant les délestages incessants d’Eskom, DRD a multiplié les générateurs pour réduire l’impact des coupures de courant. Malgré cela, il continue de subir des pertes d’activité. Niel Pretorius l’avait indiqué en début d’année : « Nous devons produire vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. Toute interruption se répercute sur nos résultats. »

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