Politique

Algérie : le général Hocine Benhadid paie son franc-parler

Le général à la retraite Hocine Benhadid.

Le général à la retraite Hocine Benhadid. © Samir Sid

Retour à la case prison pour le général à la retraite Hocine Benhadid. Celui qu’on surnomme général Bazooka pour son franc-parler a été placé le 12 mai sous mandat de dépôt et inculpé pour atteinte au moral de l’armée et à la sécurité de l’État. Prélude à son arrestation, il avait été interrogé quelques jours plus tôt par la Sécurité intérieure.

Selon son avocat, Hocine Benhadid, 73 ans, est poursuivi sur la base d’une lettre ouverte publiée dans les colonnes du quotidien El Watan et adressée à Ahmed Gaïd Salah. Le général y demande notamment au chef d’état-major de l’armée de « faire en sorte que la démocratie ne soit plus un vain mot ».

Dans un entretien accordé le 8 mars à El Watan, Hocine Benhadid s’en est violemment pris à Gaïd Salah, qu’il accuse d’être à la solde d’une puissance étrangère

Mais cette lettre n’est pas la seule raison pour laquelle Benhadid, qui souffre de maladies chroniques, est dans le collimateur de la justice. Dans un entretien accordé le 8 mars au même journal, Hocine Benhadid s’en est violemment pris à Gaïd Salah, qu’il accuse d’être à la solde d’une puissance étrangère. « Gaïd Salah reçoit même des ordres des Émirats, affirme-il. […] Imaginez-vous un chef d’état-major de l’armée qui parle de paix et de stabilité alors qu’il reçoit des ordres de l’étranger ? Il n’est qu’un pion. » Qui connaît la propension du patron de l’armée à ne pas souffrir la critique imagine sans peine sa réaction.


>>> À LIRE – [Édito] Algérie : la révolution confisquée par Ahmed Gaïd Salah


La prison, ce général à la retraite qui a longtemps dirigé la IIIe région militaire y a déjà séjourné. En septembre 2015, il a été placé sous mandat de dépôt après une interview à Radio M au cours de laquelle il s’en prenait à Saïd Bouteflika, frère du président, aujourd’hui en détention. Et surtout à Gaïd Salah, qu’il accusait d’être mêlé à un scandale datant de l’époque où il commandait l’École de formation des officiers de réserve de Blida. Dans cette affaire, il a été libéré pour raisons de santé en 2016, avant d’être condamné le 22 mars 2018 à un an de prison avec sursis.

La justice sera-t-elle plus clémente cette fois ? Hocine Benhadid devra probablement passer plusieurs mois en détention préventive avant de savoir à quelle sauce il sera mangé.

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte