Économie

Corruption en Algérie : Chakib Khelil, l’insaisissable

L’ancien ministre algérien de l’Énergie. © Chris Ratcliffe/Bloomberg/Getty

Chakib Khelil, qui fut ministre de l’Énergie de 1999 à 2010, a échappé in extremis à une interpellation.

La sécurité intérieure, qui a depuis appréhendé des hauts cadres de l’État, en avait reçu l’ordre en avril. Khelil aurait dû être mis aux arrêts dans le cadre de trois affaires de corruption présumées : Sonatrach 1, Sonatrach 2 et Brown & Root Condor, du nom de cette coentreprise algéro-américaine éclaboussée par un scandale de surfacturations et dissoute dans des conditions opaques en 2007.

Prévenu que son arrestation était imminente, Chakib Khelil s’est éclipsé à Oran puis est reparti aux États-Unis, où il possède des biens et où sa femme ainsi que ses deux enfants ont le statut de résident.

Toujours dans le collimateur de la justice algérienne

Bien qu’exfiltré, cet ami d’enfance d’Abdelaziz Bouteflika reste dans le collimateur de la justice algérienne. Le 24 avril, la Cour suprême a annoncé avoir reçu deux « dossiers de poursuites » à son encontre, portant sur une « infraction à la législation et à la réglementation des changes et des mouvements de capitaux de et vers l’étranger » et sur « la conclusion de deux contrats par la compagnie Sonatrach avec deux entreprises étrangères en infraction à la loi ».


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C’est la seconde fois que Chakib Khelil passe entre les mailles du filet. En mars 2013, averti qu’il était sur le point d’être arrêté, il était déjà parvenu à fuir aux États-Unis. Le 12 août suivant, la justice algérienne avait lancé un mandat d’arrêt international contre lui, avant de le mettre en examen. À son retour au pays, en 2016, la protection de Bouteflika lui avait valu d’être blanchi. Pourrait-il aujourd’hui être extradé si Alger le demandait à Washington ? Khelil ne possède qu’une green card (carte de résident), délivrée en 2015. Et, contrairement aux rumeurs, il n’a jamais été l’homme du lobby pétrolier américain.

Ironie du sort, Belkacem Zeghmati a été nommé, ce 16 mai, procureur général près la cour d’Alger. À l’origine du mandat d’arrêt contre Khelil, il avait été limogé de ce même poste en septembre 2015…

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