Politique

Algérie : dix choses à savoir sur Louisa Hanoune, trotskiste et proche de la famille Bouteflika

Louiza Hanoune© Samir Sid © SAMIR SID

Accusée d’avoir participé à un « complot contre l’État » algérien, la secrétaire générale du Parti des travailleurs a été incarcérée le 9 mai. Dix choses à savoir sur celle qui dirige son parti depuis sa création, en juin 1990. Un record de longévité.

1. Audition

Convoquée comme « témoin » dans une affaire de « complot contre l’autorité de l’armée » et de « complot contre l’autorité de l’État » dans laquelle Saïd Bouteflika ainsi que les généraux Mediène et Tartag sont inculpés, elle a été entendue le 9 mai par un juge du tribunal militaire de Blida. Au terme d’une audition qui a duré cinq heures, elle a été placée sous mandat de dépôt sous d’autres chefs d’inculpation.

2. Démocratie

Il y a près de trente-six ans, le 15 décembre 1983, des agents de la redoutable sécurité militaire (SM) l’avaient arrêtée pour avoir distribué des tracts appelant à la fin du parti unique et à l’instauration de la démocratie. Elle avait alors passé six mois dans deux prisons du centre du pays.

3. Amie de Bouteflika

Avant 2014, elle était la seule opposante qu’Abdelaziz Bouteflika recevait et consultait, chez lui ou à son bureau. Proche de la famille de l’ex-chef de l’État, elle est amie avec Zhor, sa sœur, et n’a jamais fait mystère de ses contacts réguliers avec Saïd, son frère.


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4. Longévité

Fondatrice du Parti des travailleurs (PT, d’obédience trotskiste), elle le dirige depuis sa création, en juin 1990. Un record de longévité.

5. El Harrach

Les locaux du PT sont situés à quelques centaines de mètres de la prison d’El Harrach, dans la banlieue est d’Alger, où sont aujourd’hui incarcérés l’homme d’affaires Ali Haddad et les trois frères Kouninef, qu’elle accuse d’être des oligarques ayant profité des largesses du pouvoir.

J’entendais les râles et les cris des jeunes qu’on torturait. La prison a forgé mon destin

6. Torture

Le 17 octobre 1988, douze jours après le début des émeutes qui feront des dizaines de morts, elle est à nouveau interpellée par la SM et détenue trois jours dans un lieu tenu secret. « J’entendais les râles et les cris des jeunes qu’on torturait, racontera-t-elle. La prison a forgé mon destin. »

7. Exode

Fille d’un boulanger et d’une mère au foyer, elle est née en avril 1954, sept mois avant le début de la guerre d’Algérie. L’aviation française ayant détruit leur maison de famille, située dans un village de la wilaya de Jijel (Nord-Est), les siens ont dû se réfugier à Alger.

8. Rebelle

En 2000, Bouteflika l’invite à entrer au gouvernement. Elle décline. Quatre ans plus tard, le président essuie un nouveau refus quand il lui propose le ministère de la Jeunesse et des Sports. « Pour mon malheur, elle ne veut pas être ministre », dira-t-il par la suite.

9. Train de vie

À ceux qui l’accusent d’être à la tête d’une grosse fortune, elle répond qu’elle occupe un F3 dans un quartier populaire d’Alger et n’utilise la voiture du Parti que dans le cadre de ses fonctions. Son seul « luxe » ? Une protection rapprochée, que l’État prend en charge. Son salaire s’élève à 180 000 dinars mensuels (1 340 euros), prélevés sur les cotisations des parlementaires du PT.

10. Lièvre ?

Députée depuis 1997, elle a été régulièrement réélue dans la circonscription d’Alger. Trois fois candidate à la présidentielle (en 2004, 2009 et 2014), elle a souvent été accusée de servir de lièvre à un Bouteflika assuré de l’emporter.

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