Communication & Médias

TNT : une exception sénégalaise nommée Excaf

L’état a confié à Excaf, dirigé par Sidy Diagne, la construction des sites émetteurs. © Clément Tardif pour JA

Le Sénégal a confié en 2014 le dossier du passage à la TNT à la société locale Excaf, en échange de la commercialisation en exclusivité d’un bouquet payant pour au moins dix ans.

Au sommet de l’immeuble le plus haut de Dakar, huit employés surveillent jour et nuit la diffusion de dix-sept chaînes locales de la TNT gratuite et une cinquantaine de chaînes étrangères qui composent l’offre payante. Le signal doit couvrir l’ensemble du pays d’ici à juin 2020 grâce à la construction de vingt-cinq sites émetteurs.

Contrairement à beaucoup d’États africains, le Sénégal a confié ce projet en 2014 à la société locale Excaf, en échange de la commercialisation en exclusivité d’un bouquet payant pour au moins dix ans. Le groupe, notamment propriétaire de deux chaînes de télévision et de plusieurs stations de radio, réalise sur fonds propres ce chantier, estimé à 39 milliards de F CFA (environ 60 millions d’euros).

Sur les vingt-cinq émetteurs prévus, vingt sont construits à ce jour. Les cinq derniers sont en attente d’un terrain alloué par l’État. Avec onze régions couvertes sur quatorze, le signal télévisuel numérique couvre actuellement 91 % de la population, selon le PDG d’Excaf Sidy Diagne.

Des problèmes de trésorerie « résolus »

En cinq ans de chantier, Excaf a fait face à de lourds problèmes de trésorerie, accusant des retards de salaires de plusieurs mois pour ses employés. Il a également eu plusieurs démêlés avec des groupes de média, notamment pour diffusion illégale de contenus. « Tous ces problèmes sont résolus, et nous allons respecter nos engagements », garantit Sidy Diagne.


>>> À LIRE – Sénégal : le laborieux passage d’Excaf à la TNT


Pourtant, Excaf n’a pour l’heure distribué qu’un peu plus de 400 000 décodeurs sur les 1,3 million prévus. À Dakar, à un an de l’échéance, moins de la moitié des foyers électrifiés sont équipés (35 %). Ils sont entre 10 % et 26 % dans le reste du pays. « Aujourd’hui, l’État a mis en place le réseau de distribution et de communication auprès des populations pour qu’elles acquièrent un décodeur », justifie Sidy Diagne.

Selon le PDG, « aucun pays d’Afrique de l’Ouest n’est en avance sur le Sénégal concernant la TNT ». Les premiers basculements devraient avoir lieu en septembre. Le groupe est aussi présent en Gambie, où il a construit trois des six sites émetteurs prévus pour couvrir le territoire, et a des vues sur les marchés béninois et gabonais.

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