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Cet article est issu du dossier «Eau et gestion des déchets : la percée du secteur privé»

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Économie

Gestion des déchets : les ambitions du libanais Averda contrariées par des impayés au Gabon

Une place de Libreville, au Gabon (image d'illustration). © Jacques Torregano/JA

Après avoir connu une croissance rapide sur le continent, le libanais Averda, spécialiste de la collecte des déchets, fait actuellement face à des difficultés au Gabon.

Rabat mérite bien son statut de capitale. Et il y a des signes qui ne trompent pas. L’un d’eux est la propreté des rues, due au travail des hommes en combinaison bleu vif d’Averda. Depuis que la société libanaise a décroché ce contrat de nettoiement des rues et de ramassage des déchets en 2013, à la suite du départ de Veolia, la gestion des quartiers – même les plus peuplés et ceux de la périphérie – est une réussite.

Créée à Beyrouth en 1964 par un ingénieur, Averda a dépassé en 2017 les 450 millions de dirhams (41,3 millions d’euros) de chiffre d’affaires au Maroc. Après s’être fait un nom dans la gestion des déchets d’abord dans les pays du Golfe, c’est dans le royaume que la société de génie civil est partie à l’assaut du continent africain en 2012 – dans le Rif, à Nador, puis à Berkane.

Mais c’est le contrat de Rabat, l’année suivante, qui constitue le vrai point de départ de son expansion. Elle se poursuit en Angola, avec un quartier de Luanda ; au Gabon, avec Libreville et Akanda ; au Congo, avec Brazzaville. En Afrique du Sud, l’entrée est un peu différente : pas d’appel d’offres mais l’acquisition, en 2015, d’un géant local du secteur : Wasteman, spécialisé dans le traitement de déchets miniers, industriels et médicaux.

Dépôts sauvages

Cette année, nouvelle diversification sur le continent pour la société implantée à Dubaï : la construction à Tanger d’un centre de traitement de déchets. Un contrat de vingt ans, pour lequel la société envisage 1 milliard de dirhams d’investissement. L’appétit d’Averda est bien là : la société a déjà candidaté pour des marchés en Côte d’Ivoire et au Soudan et ne compte pas s’arrêter là, mettant en avant des solutions sur mesure et clés en main.

L’odyssée africaine connaît pourtant quelques cahots. Au Gabon, la société fait face à de longues périodes d’impayés lui causant des difficultés de trésorerie, avec un impact sur l’entretien du matériel, le versement des salaires et donc la qualité du service. Sur les réseaux sociaux, des photos de dépôts sauvages émergent régulièrement. La situation s’est envenimée le 7 mai, le maire de Libreville menaçant de résilier le contrat.


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« Mettre en place une solide cellule de recouvrement »

« Pendant une longue période au Gabon, Averda n’a pas été payé. En dépit de cette situation, nous avons rempli nos obligations et couvert les dépenses complètes dues aux tiers et les salaires des employés, se défend Malek Sukkar, directeur général de l’entreprise. Malgré des discussions en cours, Averda n’est toujours pas réglé pour la plupart des services qu’elle fournit, la discussion avec la ville continue et nous espérons qu’une solution sera trouvée afin de continuer à servir les habitants de Libreville. »

Selon un professionnel du secteur habitué des marchés africains, Averda n’a peut-être pas mis toutes les garanties de son côté. Selon lui, il faut notamment que « tous les ministères concernés – Intérieur, Finances et Environnement – soient impliqués pour que l’état soit engagé et qu’il mette en place une solide cellule de recouvrement, sans laisser les impayés s’accumuler ».

À Casablanca, après le départ de Sita (filiale de Suez), avec lequel la société se partageait la ville, le contrat d’Averda a aussi été résilié –, mais l’entreprise libanaise a décroché à nouveau l’appel d’offres en février, aux côtés du français Derichebourg. Son agilité et son expérience ne seront pas de trop pour venir à bout du dossier des déchets, qui empoisonne depuis des années la vie de la mégalopole marocaine.

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