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Cet article est issu du dossier «Guinée : l'année de tous les paris»

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Vie des partis

Guinée : l’opposition, d’une coalition l’autre

Première réunion de la Convergence de l’opposition démocratique (COD), le 22 février, à Conakry. © DR

Dans la perspective des prochains scrutins, les adversaires d’Alpha Condé se réorganisent mais restent partagés. Sauf sur la nécessité d’une alternance en 2020.

Il y a encore quelques mois, l’Opposition républicaine regroupait les principaux partis autour de Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition et président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). Désormais, elle se résume presque à la seule UFDG. Si cette formation a maintenu son statut de deuxième force politique du pays et de premier parti d’opposition lors des élections communales du 4 février 2018, elle est fragilisée depuis l’exclusion, en février 2016, de son ex-vice-président fondateur, Bah Oury, désormais à la tête de l’UFDG-Renouveau.

Surtout, depuis le 22 février, six leaders de partis ont décidé de cofonder une autre coalition, la Convergence de l’opposition démocratique (COD), qui pourrait, le moment venu, se muer en alliance électorale. Cette COD réunit l’Union des forces républicaines (UFR), de Sidya Touré, le Parti de l’espoir pour le développement national (PEDN), de l’ex-Premier ministre Lansana Kouyaté, l’UFDG-Renouveau, l’Union pour le progrès de la Guinée (UPG), le Parti des démocrates pour l’espoir (Pades), Génération citoyenne (Geci) et la Force des intègres pour la démocratie et la liberté (Fidel).

La question du troisième mandat

Un troisième groupement, la Coalition des partis pour la rupture (CPR), s’est constitué autour de Faya Millimouno. Arrivé quatrième à la présidentielle de 2015, le président du Bloc libéral (BL) est réputé constant dans ses positions – en particulier dans son refus catégorique de transiger avec la loi – et régulièrement en désaccord avec celles défendues par Cellou Dalein Diallo et par Sidya Touré. Contrairement à ces derniers, il avait rappelé lors des élections locales de 2018 son opposition à la désignation des chefs des quartiers (qui étaient auparavant élus), entérinée par l’accord politique d’octobre 2016.

Le 5 avril, à la tête d’une dizaine de manifestants, il a également protesté contre la rentrée parlementaire – le mandat des députés, qui prenait normalement fin à la mi-janvier, avait été prorogé par décret compte tenu du report des législatives. Les députés d’opposition disent tenir à siéger, notamment pour empêcher l’adoption d’une révision constitutionnelle qui permettrait à Alpha Condé de briguer un troisième mandat, après dix ans au pouvoir.


>>> À LIRE – Guinée : la prorogation du mandat des députés fait débat


Se réunir n’est pas s’unir

En revanche, la nécessité d’une alternance lors de la présidentielle de 2020 fait d’ailleurs l’unanimité au sein de l’opposition. Ses poids lourds, l’UFDG, l’UFR, BL, avec une partie de la société civile, ont ainsi créé, le 3 avril, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC).

« On n’est pas encore au scrutin et, pour le moment, c’est ce débat qui occupe le terrain, tient à souligner Sidya Touré. Il s’agit d’une plateforme réunissant tous les Guinéens opposés à un éventuel troisième mandat du président sortant, même s’ils ne sont pas de l’opposition. Il n’est pas question d’union de l’opposition. La COD est unie dans la COD, l’Opposition républicaine au sein de l’Opposition républicaine… Le moment venu, on parlera de l’union de l’opposition en général. Pour le moment, ce n’est pas d’actualité. »

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