Cinéma

Cannes 2019 : le septième art africain se fera-t-il une place dans le palmarès ?

Mame Bineta Sane, l'une des actrices d'Atlantique, le film de Mati Diop. © AD VITAM DISTRIBUTION

Le septième art africain sera bien présent sur la Croisette, du 14 au 25 mai. Et pourrait même figurer au palmarès.

Une bonne dizaine de films réalisés par des auteurs d’origine africaine ou tournés sur le continent seront projetés cette année à Cannes. Jamais sans doute l’Afrique, et en particulier le Maghreb, n’a été aussi bien représentée dans le plus grand festival de cinéma du monde, qui se déroulera du 14 au 25 mai. D’autant que ces œuvres, le plus souvent des premiers longs-métrages, semblent pouvoir surprendre, voire faire l’événement.

Trois d’entre elles, retenues en compétition, pourront concourir pour la Palme d’or. Rien d’étonnant dans le cas du Tunisien Abdellatif Kechiche, sélectionné à la dernière minute, qui revient sur la Croisette six ans après le triomphe de La Vie d’Adèle, en 2013. Mais si le sujet de ce chef-d’œuvre avait pu étonner, puisqu’il marquait une certaine rupture avec les précédents longs-métrages de l’auteur, « Mektoub My Love. Intermezzo », le très long film présenté cette année (plus de quatre heures), devrait moins surprendre.

C’est le second volet du diptyque Mektoub Is Mektoub, dont on a pu découvrir en salle le « Canto Uno », au début de 2018, quelques mois après sa projection à la Mostra de Venise. En revanche, l’attente est particulièrement forte pour deux autres postulants à la récompense suprême, les premiers longs-métrages de Mati Diop et de Ladj Ly.

Mati Diop, en lice pour la Palme d’Or

Première femme africaine jamais en lice pour la Palme d’or avec Atlantique, centré sur le parcours d’un jeune Sénégalais candidat à l’émigration, Mati Diop, fille du musicien Wassis Diop et nièce du réalisateur culte Djibril Diop Mambety, a déjà réussi – du seul fait de sa sélection – à se faire un prénom. Du moins pour ceux qui ignoraient encore son talent, déjà révélé par un moyen-métrage (Mille Soleils) et un court-métrage (Atlantiques, avec un s) remarqués. Nul doute que l’originalité de cette cinéaste qui se revendiqua longtemps autodidacte sera louée sur la Croisette.

Quant au natif de Montfermeil, jusque-là surtout documentariste, Ladj Ly, fils d’un couple de Maliens émigrés en France, qui propose avec Les Misérables une version longue d’un précédent court-métrage, il devrait s’affirmer comme une voix essentielle des banlieues avec ce récit des premiers jours d’activité d’un policier muté dans une cité et aussitôt responsable d’une bavure.


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Regards critiques

Mais on peut aussi espérer de très bonnes surprises et la révélation de nouveaux auteurs avec quatre autres premiers longs-métrages et un deuxième film, représentant ensemble les trois grands pays du Maghreb, dont ils illustrent l’actuelle créativité cinématographique.

On les découvrira dans la sélection officielle « Un certain regard » avec Adam, de la Marocaine Maryam Touzani, et Papicha, de l’Algérienne Mounia Meddour. Comme dans les manifestations « parallèles » que sont la « Quinzaine des réalisateurs » – avec Tlamess, du Tunisien Ala Eddine Slim – et la « Semaine de la critique » – avec Le Miracle du saint inconnu, du Marocain Alaa Eddine Aljem, et Abou Leila, de l’Algérien Amin Sidi Boumediene.

Des films très différents, mais qui tous, à travers des fictions très imaginatives, voire burlesques, proposent un regard critique sur l’histoire nord-africaine récente en suivant le parcours d’individus confrontés à la violence « physique » (terrorisme) ou symbolique (intolérance de la société).

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