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Cet article est issu du dossier «Eau et gestion des déchets : la percée du secteur privé»

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Économie

Distribution de l’eau : l’intelligence artificielle utilisée pour rénover des réseaux en Namibie

Branchement défaillant, à Accra, au Ghana (photo d'illustration).

Branchement défaillant, à Accra, au Ghana (photo d'illustration). © Boisseaux/La Vie-REA

Pour réhabiliter le réseau de distribution de la municipalité de Keetmanshoop, en Namibie, la société française Altereo développe des systèmes innovants, en utilisant notamment l'intelligence artificielle.

La société française Altereo a signé en novembre dernier un accord de partenariat de 12 millions de dollars namibiens (740 000 euros) avec NamWater, l’entreprise publique chargée de la gestion de l’eau en Namibie. Objet de cet accord ? La réhabilitation du réseau de distribution de la municipalité de Keetmanshoop (sud du pays).

Créée en 1989, Altereo est une PME spécialisée dans la détection de fuites et l’optimisation des réseaux d’eau qui a opéré dès 1993 en Afrique, à Addis-Abeba. « En France, les réseaux comptent entre 20 % et 25 % de pertes, mais, en Afrique, il n’y a souvent pas assez d’eau pour alimenter les fuites », explique Christian Laplaud, son PDG. Le réseau de Keetmanshoop compte environ 50 % de pertes – « il y a bien pire » –, ce qui représente un coût de 1 million d’euros par an pour la ville.

« L’IA décuple l’efficacité de chaque euro investi »

Rénover tout un réseau est trop coûteux, et supprimer toutes les fuites, impossible. Altereo vise donc d’en réduire la durée. Avec des équipements simples, la société forme les équipes à localiser les fuites. Pour son patron, il faudrait employer plus de « fontainiers » affectés à l’installation des branchements, car ils sont « à l’origine de 80 % des fuites », en raison de poses mal faites et de matériel de mauvaise qualité.

L’entreprise développe aussi des systèmes d’information géographique (SIG) numériques, sur lesquels sont reportées les défaillances des réseaux (eau, assainissement et électricité). Elle est parmi les seules à permettre l’alimentation d’une intelligence artificielle avec ces données, afin de modéliser le vieillissement des réseaux et de prévenir les défaillances.

« L’IA décuple l’efficacité de chaque euro investi, assure Christian Laplaud. Ailleurs, nous avons démontré que le renouvellement de 5 % d’un réseau pouvait éviter 50 % de fuites. » Un premier client africain pourrait utiliser cet outil dès l’année prochaine.

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