Politique

Algérie : les dernières heures d’Ould Kaddour à la tête de Sonatrach

Le PDG de Sonatrach Abdelmoumen Ould Kaddour, le 26 novembre 2018 à Tébessa (est de l'Algérie).

Le PDG de Sonatrach Abdelmoumen Ould Kaddour, le 26 novembre 2018 à Tébessa (est de l'Algérie). © BENSALEM BILLEL/APP

Le 23 avril, le régime a emporté dans sa chute Abdelmoumen Ould Kaddour, patron de la puissante Sonatrach, balayé par la purge dans les milieux d’affaires algériens. Il a été aussitôt remplacé par Rachid Hachichi, jusqu’ici directeur de la division production du géant pétrolier et gazier, dont il est proche.

Si ce limogeage a été annoncé à la télévision nationale, le décret était prêt depuis le 22 avril. Selon nos sources, le ministre de l’Énergie, Mohamed Arkab, avait préalablement téléphoné au PDG pour l’informer qu’il allait être remplacé, sans toutefois motiver cette décision.


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Son départ fait suite au démantèlement du système d’Abdelaziz Bouteflika. Ould Kaddour est un proche de longue date de Saïd Bouteflika, le frère de l’ex-chef de l’État, qui avait pesé de tout son poids dans sa nomination en mars 2017.

Enquêtes sur ses prédécesseurs

Pour le moment, il reste libre de ses mouvements. Aucune perquisition n’a d’ailleurs été effectuée au siège de la direction générale de Sonatrach, ni par la police, ni par la gendarmerie. Le 10 avril, le vice-ministre de la Défense et chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, avait appelé la justice à rouvrir des dossiers de corruption présumée liée à la gestion de Sonatrach. Mais ces enquêtes ne concernent pas Ould Kaddour. Elles portent sur la période 1999-2010, sous les directions de Chakib Khelil, puis de Mohamed Meziane.

La direction de Sonatrach a reçu de nombreux appels téléphoniques de ses partenaires étrangers, qui souhaitent obtenir des éclaircissements

Cette annonce avait aussitôt fait réagir des dirigeants de compagnies pétrolières internationales. La direction de Sonatrach a reçu de nombreux appels téléphoniques de ses partenaires étrangers, qui souhaitent obtenir des éclaircissements. « Ils s’inquiètent des répercussions éventuelles de ces affaires sur leurs intérêts en Algérie », confie une source interne au groupe pétrolier. Les scandales de corruption révélés dès 2010 ont en effet écorné l’image de Sonatrach, considérée comme un État dans l’État.

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