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« Félix et la Source invisible » : Éric-Emmanuel Schmitt interroge le lien entre spiritualité et guérison

Couverture de "Félix et la Source invisible", d'Éric-Emmanuel Schmitt. © DR

Dans « Félix et la Source invisible », Éric-Emmanuel Schmitt interroge la puissance des rites à travers le personne de Félix, qui tente de sauver sa mère en poursuivant un voyage qui le mènera aux sources invisibles du monde.

Avec Félix et la Source invisible, les fans inconditionnels d’Éric-Emmanuel Schmitt, « de l’académie Goncourt » comme il est précisé sous son nom, retrouveront ce qu’ils ont apprécié dans Oscar et la Dame rose ou Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran.

À savoir : des personnages en léger décalage avec la réalité mais globalement sympathiques, des phrases courtes et limpides, des pages très aérées et une intrigue optimiste guidée par de bons sentiments. Il serait d’ailleurs malhonnête de dire que l’on ne s’attache pas au jeune Félix, dont la mère, Fatou N’Diaye, autrefois « vive, pétillante, curieuse, rayonnante, expansive », s’éteint lentement et inexorablement dans une noire mélancolie.

Marabout

Ce drame intime se déroule dans un café de la rue Ramponeau, à Belleville, tenu par ladite Fatou, ce qui permet à Éric-Emmanuel Schmitt de jouer allègrement la partition du joyeux mélange propre à ce quartier parisien. Se croisent donc Au boulot « les goudous Belote et Rebelote », « mademoiselle Tran, ravissante Eurasienne aux iris acajou », madame Simone qui est « une pute et un homme » et monsieur Sophronidès, « le philosophe », entre autres habitués.

L’intrigue ? Comment soigner Fatou, qui n’est plus que l’ombre d’elle-même ? En faisant venir l’oncle Bamba, du Sénégal, qui trouvera bien un marabout disponible du côté de Barbès ? À moins qu’elle ne doive partir beaucoup plus loin, pourquoi pas sur la terre de ses ancêtres, pour se reconnecter à l’Afrique ?


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Éternelle complainte

Si Éric-Emmanuel Schmitt écrit avec délicatesse et un certain sens de la formule, il lui arrive souvent de divaguer entre incongruités et clichés. Croit-on vraiment à la jeune Fatou, lovée à cinq mètres du sol dans la cavité d’un baobab où elle coule ses journées « avec Agatha Christie, Gaston Leroux, Maurice Leblanc, Jules Verne, Henri Troyat ou Alexandre Dumas » ?

A-t-on vraiment envie de s’entendre seriner l’éternelle complainte du féticheur Papa Loum : « L’Afrique, c’est l’imagination sur Terre. L’Europe, c’est la raison sur Terre. Tu ne connaîtras le bonheur qu’en important les qualités de l’une dans l’autre » ? Pas vraiment. Ce que l’on aimerait, en revanche, c’est que l’auteur laisse à ses personnages la liberté d’exister au-delà de lui et du message qu’il entend délivrer. Comme le dit Fatou, « le monde appartient à ceux qui ont décidé de ne rien posséder ».

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