Mines

Guinée : le coûteux divorce de Beny Steinmetz et Eduardo Bartolomeo

Beny Steinmetz (BSGR) et Eduardo Bartolomeo (Vale).

Beny Steinmetz (BSGR) et Eduardo Bartolomeo (Vale). © Montage JA

Le bras de fer est engagé entre le patron de Beny Steinmetz Resources Group et le PDG du géant brésilien du fer Vale, qui attend de son ancien partenaire le versement d'une amende de 1,1 milliard d'euros pour lui avoir caché l’acquisition frauduleuse de ses licences guinéennes.

Le magnat minier Beny Steinmetz pensait avoir mis un terme aux plus gros de ses ennuis en signant, le 25 février, un accord avec le président guinéen Alpha Condé. Par ce texte, qui a nécessité une médiation de l’ex-président français Nicolas Sarkozy, le patron israélien renonçait officiellement à ses prétentions sur les blocs 1 et 2 du méga-gisement de fer du mont Simandou ; tandis que Conakry s’engageait à arrêter les poursuites pour corruption à son encontre en Guinée, en Suisse et en Israël. Le fondateur de BSGR (Beny Steinmetz Resources Group) était même autorisé à étudier un autre projet d’extraction de fer à Zogota.

BSGR insolvable ?

Le soulagement aura été de courte durée. Le 5 avril, BSGR a été condamné par un tribunal arbitral londonien à régler la bagatelle de 1,1 milliard d’euros à Vale, son ancien partenaire au Simandou. Ce géant brésilien du fer s’était engagé, en 2010, à racheter 51 % des parts du projet guinéen de BSGR pour 1,8 milliard d’euros.

Beny SteinmetzBSGR

Beny SteinmetzBSGR © DR/beny-steinmetz.fr

À la suite des accusations de corruption, ayant entraîné la révocation des permis par les autorités en 2014, Vale n’avait finalement débloqué que 723 millions d’euros de la somme. S’estimant floué, le groupe s’était alors tourné vers la cour londonienne et réclamait en plus à BSGR 800 millions d’euros, pour lui avoir caché l’acquisition frauduleuse de ses licences guinéennes.

La condamnation, si elle est exécutée, pourrait saigner à blanc BSGR, et Vale craint que Beny Steinmetz n’ait d’ores et déjà organisé son insolvabilité. Pour le forcer à payer, le brésilien a intenté une action aux états-Unis le 24 avril.


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L’encaissement du 1,1 milliard d’euros permettrait au groupe sud-américain de sortir du bourbier guinéen la tête haute, alors que l’Afrique, exception faite de son projet mozambicain de Moatize, n’est plus sa priorité. Recentré sur le Brésil, le groupe, piloté depuis Rio par Eduardo Bartolomeo, affiche de bons résultats, portés par les cours du fer, mais il aura bien besoin de l’argent de BSGR.

Sa responsabilité est engagée dans la rupture, à la fin de janvier, du barrage attenant à sa mine brésilienne de Córrego do Feijão, qui a fait 115 morts et 248 disparus. Il pourrait à son tour devoir payer de fortes amendes.

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