Politique

Mali : Mamadou Sinsy Coulibaly, un « dinosaure » touche-à-tout patron des patrons maliens

Mamadou Sinsy Coulibaly, dans ses locaux du quartier ACI 2000, le 30 août. © Emmanuel Bakary Daou pour JA

Homme d’affaires éclectique et prospère, le patron des patrons maliens a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille. Au point de s'attirer des poursuites : il est convoqué mercredi devant la justice après la plainte du président de la Cour suprême, qu’il a traité de « fonctionnaire le plus corrompu du pays ».

• Ingénieur

Né en 1956 à Dakar, Mamadou Sinsy Coulibaly étudie à Mopti puis à Bamako, au Mali, avant de s’envoler pour Paris, où il intègre l’université de Jussieu. Passionné de mécanique aéronautique, il est également détenteur d’un diplôme d’ingénieur obtenu en URSS.

• Pompes funèbres

Après avoir créé une société de sécurité privée dans le nord de Paris, en 1974, il s’installe aux États-Unis, où il fonde une société de pompes funèbres « à l’africaine ». Il propose ses services à New York, mais aussi à Montréal.

• Touche-à-tout

De retour au Mali cinq ans plus tard, il se lance dans la création de sociétés dans divers domaines : immobilier, assurances, transport aérien, édition, communication, industrie, agrobusiness, services, formation… Touche-à-tout, il ne s’interdit rien. Il est aujourd’hui à la tête du groupe Kledu (du nom de sa mère et de sa fille) et emploie près de 1 000 personnes.


>>> À LIRE – Mali – Mamadou Sinsy Coulibaly, patron des patrons : « Soit on lutte, et l’économie redémarre, soit on crève »


• Casquette et jeans

Casquette vissée sur la tête, toujours en jeans et connu pour son franc-parler, c’est un libéral convaincu. Depuis octobre 2015, il est à la tête du Conseil national du patronat du Mali, qui regroupe 32 associations professionnelles ainsi que quelques-unes des plus grandes entreprises du pays.

C’est une lutte de longue haleine qui doit mobiliser le peuple malien et ses partenaires. Seul un changement de mentalités permettra de faire reculer la corruption

• Apolitique

Il assure ne pas avoir d’ambitions politiques. Son combat : la lutte contre la corruption, qui empêche le secteur privé de se développer. « Plusieurs structures et lois existent, mais elles sont inefficaces. C’est une lutte de longue haleine qui doit mobiliser le peuple malien et ses partenaires. Seul un changement de mentalités permettra de faire reculer la corruption. »

• Buzz

À la mi-mars, il fait scandale en qualifiant publiquement Nouhoum Tapily, le président de la Cour suprême, de « fonctionnaire le plus corrompu et le plus dangereux du pays ». Et d’ajouter : « C’est un arnaqueur notoire qui a racketté nos entreprises. » Il assure que Tapily n’est que le premier sur une longue liste de fonctionnaires qu’il accuse d’être corrompus et dont il veut publier les noms pour les pousser à la démission (ils seraient en tout 200).

• Convoqué

À la suite de ces déclarations, le président de la Cour suprême a porté plainte contre lui pour « outrage à magistrat et menace » devant le tribunal de grande instance de la Commune IV de Bamako. Il sera entendu le 24 avril.

En y installant des entreprises, nous combattrons les jihadistes et stopperons l’émigration des jeunes

• Tous au travail

La solution à la crise que traverse le Mali est économique et non militaire, selon l’entrepreneur. « Il n’y a pas une seule usine dans le centre du pays. L’administration publique est également absente. En y installant des entreprises, nous combattrons les jihadistes et stopperons l’émigration des jeunes. »

• Forêt classée

La ferme Kledu, à quelques kilomètres de Bamako, est un fleuron de l’agrobusiness malien. Elle s’étend sur 300 hectares et abrite diverses activités : élevage de bœufs, de tortues et de dromadaires, commercialisation de viande d’autruche ou encore apiculture… Coulibaly affirme y passer tous ses week-ends. L’homme d’affaires est aussi le gestionnaire de la forêt classée de la Faya et des réserves du Banifing et du Sousan, situées non loin de Bamako.

Je suis un dinosaure de l’ère numérique

• Dinosaure

« Je suis un dinosaure de l’ère numérique », ironise Mamadou Coulibaly, qui confie ne pas aimer les réseaux sociaux. Il n’a pas de compte WhatsApp et n’a rejoint Facebook qu’en août 2018.

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