Elections

Présidentielle en Tunisie : dix choses à savoir sur Kaïs Saïed, deuxième dans les sondages

Kaïs Saïed, en avril 2019 à Tunis.

Kaïs Saïed, en avril 2019 à Tunis. © Ons Abid pour JA

À 61 ans, le professeur de droit Kaïs Saïed brigue la présidence de la République tunisienne en tant que candidat indépendant. En attendant le scrutin du 17 novembre, il figure en deuxième position dans les sondages.

1. Rigoureux

Durant sa carrière d’enseignant, il ne souffrait ni absences ni retards, et s’était bâti une réputation d’homme intègre. Il se reconnaît lui-même un brin procédurier et formaliste.

2. « Robocop »

Son éloquence et sa maîtrise de l’arabe littéraire impressionnent. Il peut prendre un air solennel ou savant pour exprimer les idées les plus communes, s’amusent des confrères qui le surnomment Robocop en raison de sa diction d’automate.

3. Thèse inachevée

Diplômé d’un DEA de droit international, il a été chargé de cours à la faculté de Tunis et à celle de Sousse. N’ayant jamais fini sa thèse sur « la pensée constitutionnelle » (un travail de vingt ans, toujours en chantier, dit-il), il n’a pas le statut officiel de professeur.

4. Appels du pied

Après la révolution de 2011, l’Assemblée constituante le consultait régulièrement. Il dit néanmoins avoir refusé de faire partie d’une commission de spécialistes qu’elle avait mise sur pied pour réfléchir aux questions techniques et juridiques qui se posent à l’ISIE, et même d’être le président de cette instance chargée des élections. Toujours à l’en croire, son nom aurait été évoqué pour la primature en 2013, et le ministère de la Justice lui aurait été proposé à trois reprises.

5. Coqueluche des jeunes

Médiatisé après la révolution, il a sillonné le pays pour donner des conférences. En 2014, « des jeunes de toutes les régions » auraient réuni 17 000 parrainages pour qu’il se présente à la présidentielle, mais il aurait décliné. Aujourd’hui encore, certains lui reprochent sa prudence excessive sous le régime Ben Ali.


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 6. Abstentionniste

Le candidat assure n’avoir jamais voté de sa vie ! Avant 2011, c’était, dit-il, pour ne pas légitimer le pouvoir. Cette année-là, il s’est inscrit sur les listes électorales, mais ne s’est pas rendu aux urnes, étant opposé au mode de scrutin choisi pour élire l’Assemblée constituante.

7. Conservateur

Hostile à la loi sur l’égalité homme-femme en matière d’héritage, il se dit fier d’être tunisien et musulman – tout en soulignant qu’il n’est pas islamiste.

8. « Qui m’aime me suive… »

Et si, justement, les islamistes d’Ennahdha venaient à le soutenir ? « Qu’ils soutiennent le projet, pas une personne », répond-il. Il maintient qu’il ne sera jamais le candidat d’un parti et surfe sur la promesse d’un nouveau système, tourné vers les jeunes. Il nie aussi tout lien direct avec le Mouvement des jeunes tunisiens, qui l’appuie et dont des membres ont reconnu avoir molesté la candidate benaliste Abir Moussi.

9. De bas en haut

Il prône la décentralisation de la prise de décision, ce qui passerait par la création de conseils locaux dans chaque région. Durant sa campagne, il se déplacera, mais ne donnera pas de meetings « classiques ».

10. Tous juristes !

Le droit ? Une affaire de famille : son fils aîné l’étudie, son épouse préside la chambre civile du tribunal de première instance de Tunis. Lui a été secrétaire général de l’Association tunisienne de droit constitutionnel dans les années 1990, et a fondé sa propre association en 2011.

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