Politique

En RDC, des affaires moins florissantes pour Moïse Katumbi

Il demeure propriétaire du club de football TP Mazembe, de Lubumbashi. © Gwenn Dubourthoumieu pour JA

Fragilisé par la faillite de Necotrans, à qui il a vendu son emblématique entreprise de sous-traitance minière en 2015 sans percevoir la totalité du montant promis, Moïse Katumbi n'en continue pas moins de mener un train de vie confortable.

En 2015, avant de défier Joseph Kabila en dénonçant sa volonté de se maintenir au pouvoir, Moïse Katumbi avait pris ses précautions : il avait vendu une partie de ses affaires en RDC, dont son emblématique entreprise de sous-traitance minière, Mining Company of Katanga (MCK), cédée au groupe français Necotrans.

Problème : ce dernier a depuis fait faillite, et Katumbi n’a perçu qu’une partie du fruit de la cession, qui devait lui être versée en plusieurs fois (« seuls » 20 millions de dollars lui ont été versés sur les 140 prévus).

Bataille judiciaire remportée

Depuis, Katumbi s’est lancé dans une bataille judiciaire en France contre le repreneur corse Pascal Beveraggi afin de récupérer son affaire. La Cour d’appel de Paris lui a donné raison, le 15 mai 2018. Mais cela ne lui a pas permis de récupérer la gestion de l’entreprise à distance, et dans un pays où les autorités lui étaient hostiles. D’autant que Beveraggi a remonté une nouvelle entité pour reprendre ses activités : NB Mining Africa.

L’essentiel du business de Katumbi en RDC est donc pour le moment en sommeil. Il dispose toutefois encore de discrets intérêts dans le pays comme dans la sous-­région. Et son train de vie ne semble pas trop s’en ressentir. S’il voyage moins, Katumbi loue encore parfois un jet privé pour ses déplacements. Il dispose de plusieurs résidences en Belgique, en plus de ses bureaux de Waterloo.


>> À LIRE – RDC : Moïse Katumbi et l’affaire MCK


Le Tout Puissant Mazembe résiste

Quant à son club de football, le Tout Puissant Mazembe, de Lubumbashi, il a plutôt bien résisté à l’exil de son patron. Il a été champion de RDC et vainqueur de la Coupe de la confédération en 2017.

Son budget annuel provient toujours, pour plus de la moitié, de Katumbi lui-même, selon Salomon Kalonda, conseiller et directeur financier du club. Depuis son départ, celui-ci est toutefois passé de 13,4 millions d’euros à un peu plus de 8 millions, une baisse attribuée par les katumbistes aux pressions du pouvoir pour que les sponsors se désengagent.

L’emblématique jet que les Corbeaux utilisaient pour leurs déplacements n’a en tout cas plus été revu sur le tarmac de l’aéroport de Luano depuis 2017. Il est depuis plusieurs mois stationné aux États-Unis. Selon les proches de Katumbi, Kalev Mutond s’était opposé à son retour, du temps où il dirigeait l’Agence nationale de renseignements (ANR), de crainte qu’il soit utilisé pour la campagne de Martin Fayulu. Mutond ayant été remplacé, l’avion devrait vite réapparaître. Si Katumbi a encore les moyens de l’entretenir.

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