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Cet article est issu du dossier «Voyages d'affaires, la nouvelle classe»

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Entreprises & marchés

Hadi Moussa : « Airbnb ne menace pas les groupes hôteliers »

Hadi Moussa, Directeur régional Afrique et Moyen-Orient chez Airbnb. © mikael buck/airbnb

La plateforme de réservation en ligne Airbnb se pose comme une solution pour compenser la limitation des capacités d’accueil. Hadi Moussa, son directeur régional Afrique et Moyen-Orient, décrypte pour JA sa stratégie sur le continent.

Jeune Afrique : Quels sont vos marchés les plus dynamiques sur le continent ?

Hadi Moussa : Le continent dans son ensemble est un marché très dynamique. Près de 3,5 millions de voyageurs y ont réservé leur séjour en passant par Airbnb depuis sa création, en 2008. L’Afrique du Sud est notre plus gros marché, non seulement par le nombre de voyageurs mais aussi par celui des hôtes. Le Maroc est, quant à lui, leader en Afrique francophone, zone où les chiffres de croissance sont très encourageants. Par ailleurs, le nombre de voyageurs double chaque année dans certains pays comme la RDC, le Cameroun, la Guinée ou la Tunisie.

Quel est le profil de vos voyageurs en Afrique ?

Comme dans le reste du monde, huit voyageurs sur dix réservent via la plateforme parce qu’ils veulent explorer une destination en se logeant au plus près des locaux. Les visiteurs internationaux sont majoritaires en Afrique francophone. La plupart viennent de France, d’Allemagne, de Grande-Bretagne et des États-Unis, pays où Airbnb est très bien implanté.

Cependant, nous observons une croissance du nombre de voyageurs nationaux et régionaux. Cette tendance est d’autant plus forte que le marché est mature. Par exemple, 44 % des Sud-Africains ayant recouru à Airbnb pour voyager ont utilisé la plateforme pour séjourner dans leur propre pays. Au Kenya, la croissance de la demande domestique est supérieure à 200 % !

Comment parvenez-vous à vous distinguer aux yeux des voyageurs d’affaires ?

Nous nous assurons que les logements sont équipés de tous les services fondamentaux nécessaires : accès au wifi, poste de travail, heure de check-in flexible…


>> À LIRE – L’Afrique, the place to Airbnb


Le manque d’infrastructures hôtelières peut-il être un facteur de croissance pour Airbnb ?

La grande majorité de nos utilisateurs choisissent des quartiers où il y a peu d’hôtels et privilégient Airbnb justement pour cette raison. Ceci dit, Airbnb peut aider à la croissance du tourisme dans des destinations où il y a peu d’infrastructures conventionnelles et créer ainsi de nouvelles opportunités économiques. En Afrique, les hôtes inscrits sur Airbnb ont gagné plus de 400 millions de dollars en louant leur logement.

Airbnb constitue-t-il une menace pour les chaînes hôtelières ?

Au contraire, nous sommes complémentaires. Selon nos études, au moins 30 % des voyageurs Airbnb affirment qu’ils n’auraient pas effectué leur séjour s’ils n’avaient pas pu se loger via la plateforme. Et leur principale motivation est d’habiter dans des quartiers peu touristiques grâce au partage de logement.

Notre mission n’est pas d’entrer en compétition avec les chaînes. Nous cherchons à repenser le voyage et à satisfaire les demandes de tous nos utilisateurs. Nous avons ainsi commencé à intégrer sur notre plateforme des boutiques-­hôtels, dont nous assurons qu’ils proposent une expérience locale authentique conforme à la ligne de notre marque. Nous avons lancé cette offre partout dans le monde, y compris en Afrique.

Le faible montant des impôts que paie votre plateforme fait souvent polémique. Comment travaillez-vous avec les États pour encadrer les séjours réservés via Airbnb ?

Nous pouvons aider les États à collecter les taxes touristiques et les reverser aux autorités. Nous n’avons pas commencé à le faire sur le continent. Nous sommes actuellement en discussion avec le Maroc pour avancer sur ce sujet.

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