Gastronomie

Alcools et vin de palme : N’ZanToukou réinvente le koutoukou ivoirien

L’Ivoirienne Edith N’da Amoin a lancé la marque N’ZanToukou.

L’Ivoirienne Edith N’da Amoin a lancé la marque N’ZanToukou. © DR

Sur le continent, quelques entreprises revisitent les liqueurs traditionnelles, comme le koutoukou ivoirien ou l’Amarula sud-africain.

L’Afrique n’a jamais manqué de bière et encore moins d’alcools forts – de l’eau-de-vie tord-boyaux aux boissons ultra-décapantes extraites de feuilles ou de fruits. En Côte d’Ivoire, c’est le koutoukou, obtenu à partir de sève de palmier distillée, qui a traditionnellement le vent en poupe.

Il y a un an et demi, l’Ivoirienne Edith N’da Amoin, 46 ans, lance N’ZanToukou, une marque de boisson à base de koutoukou mélangé à du bissap, du gingembre, du jus de baobab, du café robusta, du cacao, du fruit de la passion, du curcuma, du citron vert, du tamarin ou de la pulpe de rônier.

« J’ai toujours aimé concocter des cocktails arrangés, que je faisais goûter à l’occasion d’un dîner ou d’une réception », raconte celle qui est aussi employée au sein d’une entreprise de BTP à Abidjan. « Grâce à mes créations, les gens mettaient de côté le préjugé selon lequel le koutoukou est un alcool de piètre qualité. Et, à force de retours positifs, j’ai décidé de me lancer. »

liqueur n'zantoukou.

liqueur n'zantoukou. © DR

Tous les produits que j’utilise sont ivoiriens ou proviennent des pays voisins

En pays baoulé, d’où est originaire Edith N’da Amoin, n’zan signifie « boisson ». « Il faut voir le N’ZanToukou comme un mélange d’eau-de-vie de palmier à huile et de saveurs d’Afrique. Tous les produits que j’utilise sont ivoiriens ou proviennent des pays voisins. Par exemple, je me procure le tamarin et le baobab au Burkina Faso. » En moyenne, ce sont 100 à 200 bouteilles qui sont produites mensuellement dans son atelier de fabrication, à Cocody - Cité-des-Arts. « En période de fête, la production augmente considérablement. En décembre dernier, nous avons vendu plus de 800 bouteilles. »


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Si le client peut se rendre directement à l’atelier, où l’on trouve également une boutique, pour s’offrir du N’ZanToukou, dont la bouteille coûte 8 500 F CFA (environ 13 euros ; entre 20 et 30 degrés d’alcool selon la saveur), les commandes se font également sur la page Facebook de la petite entreprise.

« Cinquante pour cent de nos commandes passent par le réseau social. Le produit est aussi disponible au Comptoir des artisans de Cocody, au sein du concept store Dozo, situé aux Deux-Plateaux, et sur le site de vente en ligne Shop’In », indique la fondatrice avant d’ajouter que le budget, sur fonds propres, alloué à la création de son entreprise avoisine les 10 millions de F CFA. Sa clientèle : tous les âges et toutes les nationalités. « La curiosité, l’attachement à la consommation et à la culture ivoiriennes sont les dénominateurs communs de tous ces acheteurs. »

Gamme de digestifs

Le N’ZanToukou vient s’ajouter à la liste des liqueurs africaines revisitées que l’on trouve sur le marché. Fabriquée à Cotonou et exportée aux États-Unis, Tambour Original est une boisson à base de sodabi (liqueur obtenue par la distillation du vin de palme) et de plusieurs autres ingrédients tels le gingembre ou le bissap (de 1 500 à 13 000 F CFA selon le format).

Fondée par un Malien installé en Alsace, la marque Moriba Saveurs d’Afrique propose toute une gamme de digestifs à base de gingembre, proposés dans des bouteilles originales (30 euros au minimum l’unité). En Afrique du Sud, l’Amarula, liqueur à base de crème, de sucre et de fruits du marula, se consomme avec du rhum, du whisky ou même du café. Et, espérons-le, avec modération !

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