Diplomatie

Afrique-France : dans les coulisses de la rencontre entre Macron, Tshisekedi et Kenyatta

Félix Tshisekedi (à gauche), Emmanuel Macron et Uhuru Kenyatta, au Kenya, le 13 mars 2019.

Félix Tshisekedi (à gauche), Emmanuel Macron et Uhuru Kenyatta, au Kenya, le 13 mars 2019. © PRKenya

Au cours de sa tournée en Afrique de l’Est, le président français Emmanuel Macron a rencontré Uhuru Kenyatta et Félix Tshisekedi à son arrivée à Nairobi le 13 mars. Selon nos sources, son homologue kényan lui a proposé un dîner le soir même avec le président congolais.

À Djibouti, le 12 mars, Emmanuel Macron et Ismaël Omar Guelleh se sont vus une heure en tête-à-tête. Le président français a indiqué à son homologue qu’il insisterait auprès des entreprises françaises pour qu’elles reviennent dans son pays. Il lui a aussi assuré qu’il interviendrait pour que la marine éthiopienne en voie de création avec l’aide de la France soit basée à Djibouti, et non en Érythrée. Puis, à 13 h 50, son avion a décollé. Direction : le site historique de Lalibela, dans le nord de l’Éthiopie.


>>> À LIRE – Djibouti-Éthiopie-Kenya : les enjeux de la tournée d’Emmanuel Macron


Macron, Kenyatta et Tshisekedi

Le 13 au matin, Macron s’est longuement entretenu avec Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’UA, dans son bureau, à Addis-Abeba. Ils ont essentiellement évoqué les difficultés de financement de l’Amisom (la mission de maintien de la paix en Somalie), dont la France forme des contingents, ainsi que la signature d’un mémorandum de coopération entre Paris et l’UA.

Les trois présidents se sont retrouvés dans un restaurant situé dans une réserve naturelle, au cœur de la forêt de Karura

À la mi-journée, Macron a atterri à Nairobi. Selon nos sources, Uhuru Kenyatta lui a proposé un dîner le soir même avec Félix Tshisekedi, qui devait arriver dans la journée. Ce dernier ne parlant pas l’anglais, Macron a mis son interprète à son service. Les trois présidents se sont retrouvés dans un restaurant situé dans une réserve naturelle, au cœur de la forêt de Karura. Le chef de l’État français a dit en substance à Tshisekedi que la France prenait acte des élections mais attendait deux gestes attestant qu’une véritable alternance est en cours : qu’il manifeste une réelle autonomie vis-à-vis de Joseph Kabila et qu’il tende la main à « l’autre opposition », gage d’ouverture politique.

« Cela s’est bien passé, même s’il est toujours désagréable et contre-productif de se voir ainsi mettre la pression, commente-t-on dans l’entourage du président congolais. Tshisekedi est favorable à une politique de la main tendue. Mais il la mènera selon ses termes et en fonction de son appréciation de la situation. Qui n’est pas nécessairement celle des Français ».

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