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Cet article est issu du dossier «Mali : l'heure du sursaut ?»

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Société

Mali : Radio libre, quand la musique est bonne

Sur la scène de Radio libre, le 14 février.

Sur la scène de Radio libre, le 14 février. © Emmanuel Daou Bakary pour JA

Franchir les portes de Radio libre, c’est entrer dans un temple du reggae. Et venir partager l’amour des Maliens pour la musique, loin du rigorisme de certains.

En 2005, le chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly a ouvert cet espace de musique live dans le quartier populaire de Niamakoro, à Bamako. Son image est fortement associée au club, dont les murs sont tapissés de portraits de « Tiken », de son compatriote Ismaël Isaac et du chanteur sud-africain Lucky Dube, ainsi que de célèbres rastafaris ou leaders révolutionnaires tels que Thomas Sankara et Haïlé Sélassié. Les couleurs panafricaines et maliennes (le rouge, le jaune et le vert) sont également à l’honneur.

Pour 2 000 F CFA (3 euros), tous les jours sauf le lundi, les mélomanes peuvent assister à des concerts dès 23 heures. La programmation mixe stars et jeunes talents. « Au départ, nous faisions surtout du reggae, mais on a ouvert la scène à la musique mandingue pour séduire plus de Bamakois. Radio libre fait salle comble, surtout lorsque Tiken s’y produit. Il est attaché au lieu et y vient en général une fois par mois », explique Aboukary Napo, gérant du bar. Pour Lamine Traoré, un jeune client, ce qui fait son succès, « c’est qu’il est accessible et permet de se défouler ».


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Depuis le début de l’année, Radio libre a engagé des travaux d’aménagement. En plus du bar-club et du restaurant sur le toit de l’immeuble, une boîte de nuit sera créée au rez-de-chaussée, afin d’attirer une clientèle plus jeune. Quant au studio de radio, qui a donné son nom à l’établissement, il devrait bientôt être opérationnel lui aussi.

Un succès qui fait des émules

À l’affiche en ce moment, le samedi soir : Rokia Koné, chanteuse très en vue de la scène musicale malienne et par ailleurs membre du collectif les Amazones d’Afrique, aux côtés d’artistes comme Mamani Keïta, Angélique Kidjo, Mariam Koné et Kandia Kouyaté.

Ce samedi de la mi-février, une centaine de spectateurs sont installés dans des fauteuils disposés en demi-cercle autour de la scène. Ils sirotent leurs boissons et discutent en attendant l’arrivée de l’artiste, de ses musiciens et des quelques danseurs qui les accompagnent.

Entre deux titres, Rokia Koné échange avec le public, pendant qu’un petit groupe, près de la scène, esquisse quelques pas au rythme de la musique mandingue. Le succès de ce concept a inspiré la création d’autres bars à Bamako.

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