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Cet article est issu du dossier «Démission de Bouteflika : les six semaines qui ont ébranlé l'Algérie»

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Politique

Algérie : les Bouteflika, une famille particulièrement soudée

Saïd (à dr.) et Nasser Bouteflika, les deux frères du président, en mai 2017. © Sidali Djarboub/AP/SIPA

Si son frère cadet et conseiller spécial, Saïd, est celui qui semble avoir le plus d'influence politique sur le président Abdelaziz Bouteflika, son frère Nasser et sa sœur Zohr sont également très présents à ses côtés - comme l'était feu sa mère Hadja Mansouria.

C’est comme dans les monarchies du Golfe, où il a vécu durant sa « traversée du désert ». Depuis son accession au pouvoir, Abdelaziz Bouteflika a toujours travaillé et gouverné en famille. Soupçonneux, méfiant, capable d’imaginer des complots partout, le président n’accorde sa confiance absolue qu’à deux de ses frères et à l’une de ses sœurs. Une famille unie, soudée, inséparable. À eux quatre, ils forment le cœur du moteur présidentiel.


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Pendant des années, cette cellule avait à sa tête la maman, Hadja Mansouria, décédée en juillet 2009. Ayant élevé seule ses enfants, cette femme de caractère – surnommée « El Walida », « Yaya » ou « El Hadja » – a exercé une influence déterminante dans la trajectoire politique et privée de son fils aîné. Abdelaziz la consultait sur toutes les grandes décisions qui engageaient sa gouvernance. Il aimait répéter qu’il ne pouvait commencer sa journée sans une visite matinale au domicile de sa mère pour l’embrasser sur le front. En novembre 2005, elle est à ses côtés, dans l’appartement familial d’El Biar, à Alger, quand l’ex-patron du renseignement, le général Toufik, surgit en catastrophe pour évacuer le président à l’hôpital du Val-de-Grâce après son ulcère hémorragique.

Une fratrie discrète mais très influente

Saïd, conseiller spécial à la présidence et cadet du chef de l’État, joue lui aussi un rôle central depuis vingt ans. Les deux frères ont des personnalités différentes, mais leur destin est lié. En raison de l’âge de son frère et du fait de sa maladie, Saïd serait devenu un président par procuration, ou régent par défaut. Davantage encore depuis l’été 2013. Car en changeant de lieu, du palais d’El Mouradia au bunker médicalisé de Zeralda, le pouvoir s’est nimbé de plus de mystères, d’intrigues et de secrets. Seul à avoir un accès permanent et sans limites au chef de l’État, Saïd est la courroie de transmission entre ce dernier et le reste des institutions. Sollicité, craint ou courtisé, il passe les instructions et autres messages présidentiels. Sa proximité et ses amitiés assumées avec des hommes d’affaires lui confèrent encore plus d’influence.

Zhor, elle, n’apparaît jamais. Aucune photo d’elle, même volée, mais elle est omniprésente aux côtés du vieux raïs

Et puis il y a Nasser, secrétaire général du ministère de la Formation professionnelle, et Zhor, l’ancienne sage-femme. Le premier est tout aussi effacé – publiquement – que Saïd. Toujours dans l’ombre de ce dernier, fuyant les médias, il a tissé ses propres réseaux dans les sphères de décision, sans avoir le même ascendant que son jeune frère sur le chef de l’État.

Zhor, elle, n’apparaît jamais. Aucune photo d’elle, même volée, mais elle est omniprésente aux côtés du vieux raïs. Si elle ne s’ingère pas dans les affaires politiques, elle dispose de solides connaissances dans le sérail, à qui elle parle librement. On la dit opposée au cinquième mandat, désireuse que son frère aîné « se repose » et quitte le pouvoir par la grande porte.

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