Culture

Style : l’histoire derrière le sac « Tais-toi » de Maureen Kim

Le modèle « Tais-toi », de Maureen Kim.

Le modèle « Tais-toi », de Maureen Kim. © Maureen Kim

À seulement 23 ans, la Camerounaise Maureen Kim est à la tête de la marque de maroquinerie qu’elle a lancée avec son père et qui porte son nom.

Originaire du Cameroun, Maureen Kimberley Siadjeu est née à Charleroi, en Belgique. Elle a 5 ans quand sa famille quitte le plat pays pour rejoindre la France. « Depuis toute petite, je suis passionnée par les sacs à main », raconte la jeune créatrice de 23 ans, en troisième année de management de luxe à l’ESGCI, école de commerce parisienne. Enthousiasmé par ses croquis, son père, Ernest Siadjeu, homme d’affaires de 48 ans, lui propose de la lancer. Elle n’a que 18 ans.

Depuis notre création, nous avons vendu entre 900 et 1 000 sacs

Deux ans plus tard, en septembre 2016, naît sa toute première collection autour de son modèle désormais phare. Il s’agit de « Tais-toi ». Suivront Edwige et Numéro 3. C’est sur le web qu’est lancée l’entreprise, dont le siège social est situé à Meudon, avant l’ouverture d’une boutique au Palais des congrès de Paris, en janvier 2018.

Si Ernest Siadjeu, qui a utilisé ses propres fonds, ne souhaite pas évoquer le budget alloué au lancement de Maureen Kim Paris, il assure qu’en 2018 la griffe a enregistré un chiffre d’affaires de 150 000 euros contre 85 000 euros en 2016. « Depuis notre création, nous avons vendu entre 900 et 1 000 sacs », précise-t-il encore.

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Le Tais-Toi patiné de #maureenkimparis 👜

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Secrets de fabrication

Les différents sacs Maureen Kim sont proposés en cuir de veau verni ou grainé, en cuir de vache pleine fleur ou encore en peau de crocodile. L’ensemble des cuirs est acheté dans une tannerie du sud de la France où se trouve également l’usine de fabrication, deux entreprises dont Ernest Siadjeu ne souhaite pas dévoiler les noms.

« Nous envoyons ensuite les modèles en Corée du Sud, où nous travaillons également avec un ingénieur partenaire. » Cet ingénieur s’occupe d’accessoiriser la plupart des modèles avec de l’acétate de cellulose, une matière plastique biodégradable.

« On retrouve cette matière sur les fermoirs et sur les anses », indique Maureen Kim, qui se tourne aussi vers un designer pour la réalisation des patrons. « Je cherchais à me démarquer avec un mode de fabrication plus écologique. » Coût de ses créations : de 425 à 1 250 euros.


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Déclinaison en patiné bleu

Ce modèle en cuir de vache blanc et patiné en bleu est l’une des nombreuses déclinaisons du premier sac de Maureen Kim. « Quand j’ai dévoilé ma première pièce en cuir verni, tout le monde me répétait que c’était un peu vieillot compte tenu de mon âge. Raison pour laquelle j’ai fini par le baptiser Tais-toi. » Il peut être porté à la main ou en bandoulière et compte quatre poches.

« Le Tais-toi est très spécial parce qu’il a lancé ma marque. C’est mon petit bijou », ajoute Maureen Kim concernant ce sac à 1 250 euros. Pour la confection, il faut compter un délai de cinq à six mois. Aujourd’hui, Maureen Kim Paris compte neuf collections : Kimberley, Double A, Edwige, Numéro 3, Stéphanie, Lindsey, etc. « Les prénoms sont ceux de membres de ma famille. »

Femmes jeunes mais aussi plus âgées composent sa clientèle. Si, pour le moment, le père se charge de la production et des aspects financiers, la fille reprendra la main une fois ses études achevées. « J’ai créé cette marque pour toutes les femmes, peu importe l’âge et le style. »

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