Justice

Guinée : Nicolas Sarkozy, « facilitateur » de la sortie de Beny Steinmetz de Simandou

Nicolas Sarkozy et Alpha Condé, le 21 février à Conakry.

Nicolas Sarkozy et Alpha Condé, le 21 février à Conakry. © DR / Visionguinée

L'ancien président français Nicolas Sarkozy a rencontré le président guinéen Alpha Condé à Conakry, le 21 février. Au cœur de leurs échanges : l’affaire Beny Steinmetz, l’homme d’affaires franco-israélien en conflit avec Conakry depuis 2008, qui a fini par renoncer à ses droits sur l'exploitation du gisement de fer de Simandou. Il obtient en revanche l'exploitation du gisement de Zogota.

Un mois après s’être entretenu avec Alpha Condé, le 19 janvier, lors de la cérémonie d’investiture d’Andry Rajoelina à Madagascar, Nicolas Sarkozy est arrivé à Conakry ce 21 février.

Selon nos informations, ce voyage s’inscrit dans le cadre de l’affaire Beny Steinmetz, dans laquelle l’ancien président français fait office de facilitateur entre le diamantaire franco-­israélien et le chef de l’État guinéen, en conflit depuis une décennie.


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En 2008, Beny Steinmetz avait obtenu, via sa société Beny Steinmetz Group Resources (BSGR), les blocs 1 et 2 de la mine de fer de Simandou. En 2014, Alpha Condé avait retiré à BSGR ses permis d’exploitation, l’accusant de les avoir obtenus par corruption.

Lot de consolation

Depuis, de nombreuses procédures opposent, plus ou moins directement, l’État guinéen à l’homme d’affaires, en France, au Royaume-Uni, en Australie, en Suisse, aux États-Unis et en Guinée. Son ancien partenaire, le brésilien Vale, qui devait racheter 51 % des parts de l’exploitation guinéenne de BSGR pour 2,5 milliards de dollars, a aussi lancé une procédure d’arbitrage à son encontre, l’accusant de lui avoir fait perdre 1,1 milliard de dollars.

Une médiation de l’ancien président français qui semble avoir porté ses fruits : le 25 février, BSGR a publié un communiqué annonçant avoir conclu avec la République de Guinée un règlement de leur litige au sujet de concessions et licences minières, par lequel la société « renonce à ses droits sur les blocs 1 et 2 à Simandou », les deux parties abandonnant toutes les procédures en cours.

Beny Steinmetz n’est pas pour autant persona non grata en Guinée : « À la demande de la République de Guinée, un nouveau groupe d’investisseurs (présenté par et incluant M. Beny Steinmetz) exploitera le dépôt de Zogota en vue d’exporter du minerai de fer, selon un calendrier accéléré », poursuit en effet le communiqué.

Bien moins important que Simandou, ce dernier devrait se révéler, d’un point de vue logistique, plus facile à exploiter que celui de Simandou, très enclavé, le fer de Zogota pouvant être exporté via le Liberia voisin, ont confié au Financial Times des sources proches du dossier.

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