Arts

Foire 1-54 à Marrakech : créateurs de tous les pays, rendez-vous au Maroc !

La foire d'art contemporain 1-54, à Marrakech. © DR / 1-54

Du 23 au 24 février, la Marocaine Touria El Glaoui organise la seconde édition de sa foire d’art contemporain à La Mamounia… et essaime dans toute la cité ocre.

Ce n’est désormais plus un, mais trois rendez-vous annuels que propose la foire d’art contemporain africain 1-54 ! Quel chemin parcouru depuis son lancement, en 2013. Rassembler le meilleur de ce que produisent les plasticiens africains à Londres (octobre), à New York (mai) et à Marrakech (février) était un défi qui semblait, il y a quelques années, insurmontable. La Marocaine Touria El Glaoui, fille du peintre Hassan El Glaoui, y est pourtant parvenue, et sans jamais se départir du sourire qui la caractérise (ou alors, elle ne l’a pas montré).

Du 23 au 24 février aura donc lieu à La Mamounia, palace des plus réputés à Marrakech, la deuxième édition africaine de 1-54. C’était là l’ambition première et fondamentale de Touria El Glaoui : installer durablement sur le continent, une foire d’art qui fasse fi des frontières.


>>> À LIRE – Le Marrakech de Touria El Glaoui, la créatrice de la foire 1:54


Ici, dans le havre arabo-andalou d’un hôtel chic comme dans différents lieux de la ville investis par les artistes, le Sahara n’est plus une limite infranchissable séparant l’Afrique subsaharienne de l’Afrique du Nord. Ici, les océans et les mers, où se déroulèrent – et où se déroulent toujours – tant de drames, n’empêchent personne de dire une vision du monde. La foire 1-54 présente 18 galeries et 65 artistes, dont il serait fastidieux – voire paradoxal – de citer toutes les origines. Une galerie danoise (Mikael Andersen) peut côtoyer une galerie sud-­africaine (Goodman Gallery), marocaine (L’Atelier 21), ivoirienne (Cécile Fakhoury).

Pour la Marocaine Touria El Glaoui, il faut « donner la parole à un large public afin de ne pas être enfermé dans un ghetto ». © Vincent Fournier/JA

Événement commercial puisqu’elle vise avant tout à séduire les collectionneurs, 1-54 s’impose aussi comme événement culturel dans la mesure où elle essaime dans les villes où elle a lieu, tout en proposant un programme de rencontres structuré.

À Marrakech, 1-54 collabore ainsi avec le Musée Yves-Saint-Laurent pour une exposition consacrée à l’artiste américain Brice Marden, avec Dar Moulay Ali pour une installation in situ du Marocain Amine El Gotaibi, avec la fondation Montresso, qui présentera les travaux de cinq artistes ivoiriens (« In-Discipline #2 »), mais aussi avec le Macaal (Museum of African Contemporary Art Al Maaden) et la galerie Comptoir des mines pour une intervention hors les murs sur la mythique et touristique place Jamaa El-Fna.

Surréaliste noir

Organisées sous la supervision de l’historienne d’art Karima Boudou, les rencontres du Forum tourneront autour du surréalisme, en prenant comme point de départ la vie et l’œuvre de l’artiste africain-américain Ted Joans (1928-2003). Outre permettre une meilleure connaissance du travail de ce « surréaliste noir », trompettiste de free-jazz, poète et peintre qui a beaucoup voyagé sur le continent, notamment au Maroc et au Mali, les débats permettront de mesurer l’influence en Afrique d’un mouvement né en France.

À moins que l’on ne découvre à cette occasion qu’André Breton et ses comparses ont pu avoir des prédécesseurs au Maghreb, comme l’affirment subtilement le sociologue Habib Tengour et l’historien Olivier Hadouchi. En tout cas, un seul mot d’ordre, emprunté à Ted Joans : « Let’s play something Let’s play anything Let’s play! »

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