Politique

Gabon : la guerre des clans continue

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Les ministres Ali Akbar Onanga Y’Obegue (à g.) et Étienne Massard Kabinda Makaga, évincés du gouvernement.

Les ministres Ali Akbar Onanga Y’Obegue (à g.) et Étienne Massard Kabinda Makaga, évincés du gouvernement. © DR

Le mini-remaniement qui a fait tomber deux poids lourds du gouvernement gabonais, le 30 janvier, est l’une des conséquences du bras de fer qui oppose deux clans du cercle proche du président Ali Bongo Ondimba.

Le 30 janvier, un mini-remaniement a fait tomber deux poids lourds du gouvernement. Étienne Massard Kabinda Makaga, le ministre de la Défense, pourtant fidèle d’Ali Bongo Ondimba (ABO), en a fait les frais. Il avait, depuis les ennuis de santé du chef de l’État, rallié les positions d’Emmanuel Issoze Ngondet, l’ancien Premier ministre. Il s’était en effet opposé à Brice Laccruche Alihanga, le directeur de cabinet du président, au point de l’empêcher de se rendre à Riyad, et ce alors même que la première dame l’y avait invité.

Le ministre avait même menacé de faire arrêter le principal collaborateur d’ABO, qui avait été refoulé à trois reprises à l’aéroport de Libreville.

Plus grave, il était contesté par une grande partie de l’establishment militaire qui lui reprochait de ne guère se soucier des vrais problèmes de l’armée. Une situation intenable.

Lors d’un premier remaniement, le 12 janvier, Massard avait tout de même été maintenu à son poste, ce qui n’avait pas été le cas d’Emmanuel Issoze Ngondet. Ce dernier, nommé dans la foulée médiateur de la République, ne digère toujours pas d’avoir été limogé.


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Disgrâce imminente

Privé de contact avec le président, qui poursuit sa convalescence à Rabat, Massard savait sa disgrâce imminente d’autant que la mutinerie des soldats de la Garde républicaine, le 7 janvier, l’avait fragilisé. Le 28 janvier, durant les quatre heures qu’a duré son dernier Conseil interministériel, il est d’ailleurs resté silencieux – contrairement à ses habitudes.

Ali Akbar Onanga Y’Obegue, le ministre de l’Agriculture, a lui aussi été écarté. Cet ancien ambassadeur en Arabie saoudite avait fait jouer ses réseaux dans la bataille à laquelle se sont livrés les proches d’ABO pour continuer à avoir accès au président lorsqu’il a été question qu’il aille en convalescence à Londres. Ce Téké influent s’est toujours posé en garant des intérêts du Haut-Ogooué, ce qui lui a longtemps valu la protection du chef de l’État.

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