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Cet article est issu du dossier «Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara à quitte ou double»

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Politique

Côte d’Ivoire : le départ de Guillaume Soro rebat les cartes pour 2020

Guillaume Soro a démissionné de l'Assemblée nationale le 8 février 2019. © Issam Zejly/TRUTHBIRD MEDIAS pour JA

Guillaume Soro, qui devrait démissionner de la présidence de l'Assemblée nationale en février, sème le doute chez ses adversaires quant à ses intentions pour la prochaine présidentielle.

L’absence de Guillaume Soro au congrès du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) a officialisé la rupture entre le président de l’Assemblée nationale et le chef de l’État. Mais cette absence n’a pas pris Alassane Ouattara par surprise, puisque Soro l’avait préalablement informé de son absence. C’est pour cela qu’il lui a demandé, mi-janvier, de démissionner du perchoir, ce que l’intéressé a accepté.

Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, son départ semblait inéluctable. L’ancien Premier ministre avait d’ailleurs, à plusieurs reprises, proposé de rendre son tablier. Et en août dernier, Ouattara avait exigé qu’il quitte son poste avant de se raviser sur les conseils de son frère, Téné Birahima Ouattara, et du Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly.

Il n’est jamais présent pour présider l’Assemblée nationale

Détérioration des relations

Malgré tout, les relations entre les deux hommes s’étaient envenimées, Soro estimant que les promesses qui lui avaient été faites n’avaient pas été tenues et que de fortes pressions étaient exercées contre ses proches.

Face à lui, le chef de l’État, qui avait peu à peu perdu confiance en celui qu’il considérait autrefois comme son fils et qui s’était lassé de son double langage. « Il n’est jamais présent pour présider l’Assemblée nationale », s’était-il agacé devant l’un de ses proches, à la fin de 2018. Le départ de l’ancien chef de la rébellion, ajouté à celui d’Henri Konan Bédié, fragilise le pouvoir.

Si le président se montre confiant et dit vouloir garder de bons rapports avec Soro, son entourage envisage toutes les options pour l’affaiblir – y compris judiciaires. « On peut le coincer sur pas mal de choses », menace un membre de l’entourage du chef de l’État.

Brouiller les pistes en vue de 2020

Que va faire Soro ? Quand il aura démissionné, il devrait se consacrer à ses études de finances, à Harvard, et au lancement de son mouvement politique.

À la fin du mois de décembre, il confiait vouloir le créer courant 2019 et annoncer dans la foulée sa candidature à la prochaine présidentielle.

Rejoindra-t-il la plateforme d’Henri Konan Bédié ? Guillaume Soro est insaisissable. Il aime brouiller les pistes et semer le doute chez ses adversaires, quitte à susciter l’incompréhension dans son propre camp.

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