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Cet article est issu du dossier «Bénin : bilan d'étape pour Patrice Talon»

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Politique

Bénin – Yonnantché Boya : « Talon agit dans l’intérêt du pays »

Yonnantché Boya, Président de la CMND. © Fiacre Vidjingninou pour JA

Le président de la Coalition des mouvements du nouveau départ (CMND) revient sur l'adhésion de son parti à l'un des deux grands blocs de la majorité présidentielle en vue des législatives.

Créée en juin 2016 pour soutenir le programme du nouvel exécutif, la Coalition des mouvements du nouveau départ (CMND) réunit désormais une vingtaine de formations jeunesse de la mouvance présidentielle. Le 17 novembre dernier, elle a officialisé son adhésion à l’Union progressiste, l’un des deux nouveaux grands blocs pro-­Talon.

Président de la CMND depuis sa fondation, Yonnantché Boya, 43 ans, compte parmi les jeunes loups les plus influents du « nouveau départ » cher au chef de l’État, dont il soutenait déjà très activement la candidature à la présidentielle de 2016. Il revient sur nombre des critiques formulées contre Patrice Talon et défend son bilan.

Les réformes et les actions engagées ont permis de créer environ 200 000 emplois directs et indirects

Jeune Afrique : Quels sont selon vous les principaux bons points à mettre au crédit de la gestion Talon ?

Yonnantché Boya : L’assainissement des finances publiques est bien réel et constitue un levier important pour redresser notre économie, dont le taux de croissance est passé de 2,1 % en 2015 à plus de 6 % aujourd’hui. Les réformes et les actions engagées ont permis de créer environ 200 000 emplois directs et indirects ; ce n’est pas encore suffisant, mais Talon est sur la bonne voie pour tenir ses promesses concernant la réduction du chômage des jeunes.

Le coton, notre première culture d’exportation, enregistre des records, avec près de 600 000 tonnes récoltées l’an dernier, alors que la production stagnait autour de 300 000 t en 2015-2016. On ne présente plus le programme de réhabilitation des plateaux techniques des hôpitaux, ni le développement du réseau hydraulique urbain et périurbain [110 nouvelles adductions d’eau « multivillages » engagées en 2018, pour desservir près de 822 000 personnes].

Sans parler des efforts consentis dans le secteur de l’éducation ni de la relance du programme de cantines scolaires, qui couvre désormais 51 % des établissements [et concerne plus de 530 000 enfants]… En 2019, le gouvernement va investir plus de 425 milliards de F CFA [près de 650 millions d’euros] pour 197 projets, dont l’essentiel va porter sur le social.


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Quels que soient sa puissance et le talent de son pilote, un avion ne peut décoller aisément s’il ne bénéficie pas d’une bonne piste

Les Béninois ont pourtant de nombreux motifs d’insatisfaction, en particulier sur le plan du développement social…

Quels que soient sa puissance et le talent de son pilote, un avion ne peut décoller aisément s’il ne bénéficie pas d’une bonne piste. Celle du Bénin est fortement dégradée par des problèmes structurels. Lorsque vous passez votre temps à combler les trous sur le tarmac, vous avez évidemment du retard au décollage… C’est exactement la situation du gouvernement de Patrice Talon.

En consacrant son temps à régler les problèmes structurels du pays, et avec toutes les guéguerres que cela suscite, il n’a évidemment pas encore pu satisfaire toutes les attentes. Mais ce travail et les réformes majeures qui ont été engagées vont aboutir à des progrès bien concrets pour les Béninois.

La lutte engagée par le chef de l’État est implacable, et le Bénin a besoin du style de gouvernance de Talon pour avancer avec sérénité

L’un des problèmes structurels est la corruption, contre laquelle l’exécutif mène une lutte que certains qualifient de « sélective ». Que leur répondez-vous ?

Le principe de la présomption d’innocence ne me permet pas de les nommer, mais les personnes épinglées dans les affaires de corruption font aussi bien partie du camp présidentiel que de l’opposition. Je ne sais pas si, parmi elles, la proportion d’opposants est plus grande, mais, si c’est le cas, ce n’est pas la faute du président.

Le fait d’appartenir à l’opposition ne confère pas d’immunité. Le débat devrait plutôt porter sur la véracité des faits qui sont reprochés à ces personnes et non sur leur statut politique. La lutte engagée par le chef de l’État est implacable, et le Bénin a besoin du style de gouvernance de Talon pour avancer avec sérénité.


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Les Béninois savaient très bien qu’il était un homme d’affaires, avant de l’élire massivement à la tête du pays

Ses détracteurs soutiennent que le chef de l’État garde un pied dans les affaires, et craignent des conflits d’intérêts…

Le président s’est retiré de toutes ses affaires. Il l’a dit, car il l’a effectivement fait. Et sur cette question, il faut une fois pour toutes rappeler que les Béninois savaient très bien qu’il était un homme d’affaires, avant de l’élire massivement à la tête du pays. La vérité est qu’il n’y a aucun risque parce que tout le monde sait qu’il a déjà fait fortune avant son élection !

En 2015, il était la première fortune du Bénin et la quinzième en Afrique. Arrivé au pouvoir, il a fait ce qu’il fallait faire : il a renoncé au monde des affaires et s’en est retiré pour se concentrer sur la gestion du pays. Ses détracteurs auraient peut-être aimé qu’il brûle ses biens et ses proches avec ?

Je puis vous dire que c’est un homme qui fait de l’éthique et de l’exemplarité les fondements de sa gouvernance. En trois ans, le président Talon a montré qu’on peut gérer un pays avec efficacité, avec efficience et avec probité.

Propos recueillis à Cotonou par Fiacre VIDJINGNINOU

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