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Cet article est issu du dossier «Eau-Électricité : Veolia perd pied sur le continent»

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Energie

Veolia : Fonlladosa-Frérot, une rupture de confiance

Patrice Fonlladosa, ex-président des activités Afrique et Moyen-Orient du groupe français Veolia. A Aubervilliers en janvier 2018. © Vincent Fournier/JA

Patrice Fonlladosa, directeur de la zone Afrique-Moyen-Orient de Veolia de 2013 à 2018, fut pendant de longues années l’homme de confiance d’Antoine Frérot, le PDG du groupe, avant que leur relation ne se détériore.

Patrice Fonlladosa, présent dans le groupe depuis vingt-trois ans, fut pendant de longues années l’homme de confiance d’Antoine Frérot, PDG de Veolia environnement depuis 2010 et entré à la Compagnie générale des eaux (ancêtre de Veolia) dès 1990. Ensemble, ils ont été les acteurs du développement à l’international de la compagnie, des États-Unis jusqu’à l’Australie.

Promu directeur de la zone Afrique - Moyen-Orient en 2013, Patrice Fonlladosa a été l’un des grands artisans du doublement des revenus du groupe sur la zone entre 2007 et 2017 . Mais, depuis quelques années, sa position privilégiée s’est peu à peu effritée, au gré des conflits apparus aussi bien en externe qu’en interne, notamment avec Laurent Obadia, conseiller spécial d’Antoine Frérot depuis 2013 et directeur de la communication du groupe. Depuis près d’un an et demi, les deux hommes ne s’adressaient plus la parole.

Dissensions stratégiques

Au Gabon, Patrice Fonlladosa, jugé souvent « cassant », a entretenu avec les ministres successifs de l’Eau et de l’Énergie des relations notoirement « mauvaises ». Le président Ali Bongo Ondimba lui reprochait sa proximité supposée avec l’opposition, en particulier avec Pascaline Bongo Ondimba ainsi qu’avec Jean Ping, candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2016. S’il n’a jamais démenti sa proximité avec la sœur aînée du président, Fonlladosa a toutefois toujours nié soutenir Jean Ping.

Quant à ses relations avec l’État marocain, elles n’étaient pas non plus au beau fixe, surtout depuis qu’il avait fait planer, en 2016, la menace d’une procédure d’arbitrage au Cirdi concernant des impayés provenant de sa filiale Redal, à Rabat. La réquisition de la Seeg en 2017, des dissensions stratégiques plus anciennes et enfin une « rupture de confiance » entre Fonlladosa et la direction auront fini par convaincre Antoine Frérot de mettre brutalement fin aux fonctions de celui-ci.

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