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Cet article est issu du dossier «Gabon-Maroc : M6 et le patient gabonais»

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Politique

Gabon-Maroc : Mohammed VI joue les pacificateurs

Le roi du Maroc et le président gabonais, à Rabat, le 3 décembre 2018. © MAP

En visite au Gabon depuis fin décembre, le roi du Maroc Mohammed VI a consulté les politiques et tenté de déminer les conflits entre clans rivaux qui, depuis l'hospitalisation du chef de l’État en octobre dernier, prennent des proportions inquiétantes.

Le 7 janvier, alors que le discours que lisait le lieutenant Kelly Ondo Obiang à la télévision nationale faisait vibrer les smartphones, Mohammed VI se reposait dans son lodge d’Ekwata, à la pointe Denis. Le roi du Maroc a acheté et réaménagé cet ancien complexe hôtelier, où il aime séjourner à l’abri des regards.

M6 a atterri au Gabon le 24 décembre à l’aube, muni comme de coutume de cadeaux pour ses invités, issus pour la plupart de la classe politique. Rien n’a filtré de ses entretiens avec Marie-Madeleine Mborantsuo (3M), la présidente de la Cour constitutionnelle, Pierre-Claver Maganga Moussavou, le vice-­président, et Emmanuel Issoze Ngondet, le Premier ministre (remplacé le 11 janvier par Julien Nkoghe Bekale).

Des clans rivaux

Le roi a consulté les politiques, rassuré les responsables sous pression et, surtout, tenté de déminer les conflits entre clans rivaux. Le premier rassemble, en partie autour de 3M, des caciques, tels qu’Hervé Patrick Opiangah, Ali Akbar Onanga, Frédéric Bongo, Fabrice Andjoua Bongo Ondimba, Steed Rey et Arsène Emvahou. Le second regroupe des « ajeviens » (du nom de l’Ajev, l’association que préside Brice Laccruche Alihanga, le directeur de cabinet du président), comme ce proche de Sylvia Bongo, la première dame, et Ike Ngouoni, le porte-parole de la présidence.

Entre les deux se situent les « républicains », emmenés par Emmanuel Issoze Ngondet, qui comptent dans leurs rangs les ministres Lambert-Noël Matha (Intérieur) ou Étienne Massard (Défense). Une guerre des clans qui, depuis l’AVC dont a été victime le chef de l’État en octobre dernier, prend des proportions inquiétantes.


>>> À LIRE – Gabon : un patient, deux clans


Aucun signe d’inquiétude

Tandis que M6 s’emploie à calmer les ardeurs des uns et des autres, Ali Bongo Ondimba a besoin de temps pour retrouver la plénitude de ses moyens. Son ami se charge de lui aménager les conditions d’un rétablissement complet et d’un prompt retour au Gabon. Et pas question de sauter dans son avion au premier coup de feu !

Le 7 janvier, jour de la tentative de coup d’État, le souverain n’a ainsi montré aucun signe d’inquiétude. Une frégate de la marine marocaine avait été prépositionnée au large de la pointe Denis avant son arrivée et jusqu’à son départ, le 9 janvier.

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