Politique

Dix choses à savoir sur Ibrahim Al Assaf, le ministre saoudien des Affaires étrangères

Ibrahim Abdulaziz Al-Assaf lors du G20 à Hambourg, le 7 juillet 2017. © face to face/Shuttersto/SIPA

Pour redorer l’image de l’Arabie saoudite, ternie par l’affaire Khashoggi, le roi Salman a nommé à la tête de la diplomatie cet ancien ministre des Finances qui jouit d’une bonne image à l’étranger.

• Ancien captif

En novembre 2017, lors d’une vaste enquête sur la corruption commandée par le prince héritier Mohammed Ben Salman (MBS), il est brièvement détenu au Ritz-Carlton de Riyad. Il est soupçonné d’un détournement de fonds lié au projet d’extension de la Grande Mosquée de La Mecque, mais aucune charge n’est finalement retenue contre lui.

 • Surdiplômé

Contrairement à son prédécesseur, ce n’est pas un diplomate de formation. Il a obtenu une licence en économie à l’université King Saud, à Riyad, en 1971, puis un master à l’université de Denver, avant de présenter une thèse sur « L’Opep et le marché pétrolier international » à l’université du Colorado en 1982. Il a aussi enseigné l’économie à l’académie militaire King Abdulaziz.

• Vieille école

Âgé de 69 ans, ministre des Finances durant vingt ans, il tranche par son expérience du pouvoir et son approche prudente des dossiers avec les trentenaires de la génération MBS, arrivés aux affaires avec l’avènement du prince, en 2017.

• L’œil éco

« Les relations économiques dominent les affaires étrangères », affirmait récemment cet ancien représentant de l’Arabie saoudite au FMI et à la Banque mondiale, président du conseil d’administration du Fonds souverain saoudien et membre de celui de l’Aramco, le géant énergétique national. Cette expérience lui sera utile dans le dossier pétrolier qui divise Washington et Riyad.

• Retour en grâce

Nommé aux Finances en 1996 par le régent Abdallah, dont il était l’un des fidèles, il est une victime collatérale de la mort de son protecteur, en 2015, relevé de ses fonctions à la fin de 2016. Sa traversée du désert aura donc duré deux ans.


>>> A LIRE – Affaire Khashoggi : quelles conséquences économiques pour Riyad ?


 • Ministère bicéphale ?

« M. Adel al-Jubeir a représenté l’Arabie saoudite et continuera de représenter l’Arabie saoudite […] dans le monde. On se complète », a-t-il déclaré au sujet de son prédécesseur, à la tête de la diplomatie depuis 2015 et désormais ministre d’État aux Affaires étrangères. Mais la répartition des rôles entre les deux hommes reste floue.

• Pionnier

Pour faire face à la chute du cours du baril en 2015 et au déficit budgétaire, Ibrahim Al Assaf, alors ministre des Finances, émet en octobre 2016 les premières obligations internationales de l’histoire du royaume. Elles rapporteront 17,5 milliards de dollars. Malgré ce succès, il sera relevé de ses fonctions deux semaines plus tard.

• Respecté

À l’étranger, le nouveau ministre jouit d’une image de sage gestionnaire, au point que le magazine britannique Euromoney l’a désigné comme ministre des Finances de l’année 2003. En juillet 2017, c’est lui qui est envoyé à Hambourg pour représenter l’Arabie saoudite au sommet du G20.

• Posé

Cultivant la discrétion, ce père de deux garçons et de deux filles occupe son temps libre à des passions tranquilles : natation, jardinage et lecture.

Annus horribilis

Guerre au Yémen, affaire Khashoggi… L’annus horribilis de l’Arabie saoudite a-t-elle quelque chose à voir avec sa nomination et la nécessité de « réparer » l’image du pays ? « Je ne dirais pas réparer, parce que la relation de mon pays avec la vaste majorité des États est excellente », répond l’intéressé.

 

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