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BD : « L’argent fou de la Françafrique », au cœur du scandale des biens mal acquis

"L'argent fou de la Francafrique. L'affaire des biens mal acquis", de Xavier Harel (scénariste) et Julien Solé (dessinateur). © Glénat

L'ouvrage très pédagogique du journaliste Xavier Harel et du dessinateur Julien Solé revient à la source de l’affaire des biens mal acquis, en décryptant un système instauré dès les indépendances sur le continent, dans les années 1960.

« Les banques savaient. Les compagnies pétrolières savaient. La Banque de France savait. Tracfin, la cellule antiblanchiment de Bercy, savait. Les services secrets savaient. Les journalistes savaient. Et pourtant, personne n’a rien fait. »

Dans cette bande dessinée particulièrement bien documentée, la parole est donnée à Jean Merckaert, salarié du Comité catholique contre la faim et surtout l’un des artisans de la révélation de l’affaire des biens mal acquis. Au « scénario », un autre fin connaisseur des relations incestueuses entre la France et ses anciennes colonies : Xavier Harel, journaliste, également auteur du Scandale des biens mal acquis (La Découverte).

Résultat, un ouvrage implacable et très pédagogique qui revient à la source en décryptant un système instauré dès les indépendances sur le continent, dans les années 1960. La BD se centre sur les « régimes autocratiques » mis en place au Gabon, au Congo-Brazzaville, en Guinée équatoriale et au Cameroun. Elle n’hésite pas à s’attaquer à des points complexes comme la création du holding Delta Synergie, société tentaculaire permettant « la mise en coupe réglée du Gabon par la dynastie Bongo ».

Un ouvrage militant

Avec ses anecdotes presque invraisemblables (Blaise Compaoré qui aurait confié frauduleusement 3 millions de dollars en petites coupures, cachées dans des djembés, à Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l’Élysée) et ses personnages truculents (Teodorin Nguema Obiang fulminant parce qu’on lui a saisi ses Bugatti Veyron), le sujet se prête parfaitement à la mise en cases et en bulles.

L’ouvrage, militant, note la progression de la justice… mais s’achève en observant qu’elle ne sera complète que lorsque les acteurs français et leurs intermédiaires, grands absents des procès, seront eux aussi devant les juges.

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