Politique

[Chronique] Les grandes tendances de 2018 se poursuivront-elles en 2019 ?

Par

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

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Restitution des biens culturels, progression du terrorisme au Sahel, contestation du Franc CFA, émergence de nouveaux leaders, grand chamboulement dans l'organisation des CAN... Ces grands tendances qui ont marqué l'année 2018 se poursuivront-elles en 2019 ?

• Franc CFA : le chant du sigle ?

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Front anti-CFA de l’ONG Urgences panafricanistes, rumeurs de dévaluation, lancement de la crypto-monnaie Akoin, annonce de la création d’une « monnaie Cedeao » en 2020… Le franc CFA restera-t-il un enjeu idéologique en 2019 ? Les 3 et 4 avril, l’université de Dschang (Cameroun) organisera un colloque intitulé « Le franc CFA en débat ». Vaste programme.

• Santé : au boulot, les blouses blanches !

Au début de 2018, l’OMS avait alerté contre le risque d’une propagation de la peste depuis Madagascar. Les mois suivants, on a observé une résurgence du choléra (du Cameroun à l’Algérie), un retour du virus Ebola (en RD Congo) et une expansion de la « variole du singe » (en Centrafrique). Peut-on espérer qu’en 2019 ces maladies régresseront, voire seront éradiquées ?

• Maghreb : coucou, nous revoilà…

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Trois pays voisins : l’Algérie, la Mauritanie et la Tunisie. Trois élections présidentielles prévues en 2019 : en avril, en juin et en décembre. Trois présidents sortants, à qui l’on prête l’intention de briguer un nouveau mandat ou de continuer à tirer les ficelles en coulisses : Abdelaziz Bouteflika (81 ans), Mohamed Ould Abdelaziz (62 ans) et Béji Caïd Essebsi (92 ans). Wait and vote.

• RD congo : nouveau départ pour le Léopard ?

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Alors que Joseph Kabila prend une vraie fausse retraite, un nouveau visage incarnera la République démocratique du Congo. La valse des personnalités suffira-t-elle à redonner de l’espoir à un Léopard congolais confronté à de nombreux fléaux : dialogue politique laborieux, corruption, trafics et prébendes, crise sanitaire, humanitaire et sécuritaire dans l’est du pays ?

• Sécurité : au jeu du chat et de la souris

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Au Sahel, l’année 2018 aura été marquée par une forte progression des attaques terroristes dans l’est du Burkina. Un an après le lancement de la première opération militaire du G5 Sahel, l’efficacité de ce cadre de coordination qu’ont établi la Mauritanie, le Mali, le Burkina, le Niger et le Tchad peine à convaincre, et les promesses de financement ne sont pas toujours tenues. Pendant ce temps, sur le terrain, les acteurs jouent au chat et à la souris…

• Objets mal acquis : Macron lance ses journées du patrimoine

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En 2017, Emmanuel Macron avait proposé d’engager un vaste mouvement de restitution des œuvres d’art africaines aux musées du continent. En 2018, le président français a nommé deux experts pour en étudier les modalités, le Bénin a constitué un comité de réflexion, la RD Congo et le Nigeria ont réclamé à leur tour que les anciens pays colonisateurs leur rendent leur patrimoine volé ou confisqué. L’année 2019 sera-t-elle celle des grandes rétrocessions ?


>>> À LIRE – La France restituera-t-elle son patrimoine à l’Afrique ?


• Démocratie : superhéros ou inspecteurs Gadget ?

À peine était-il arrivé au pouvoir qu’Abiy Ahmed, le Premier ministre éthiopien, normalisait les relations de son pays avec l’Érythrée, engageait un processus de paix avec les rebelles de l’Ogaden et nommait le premier gouvernement paritaire de l’histoire de son pays. L’Angolais João Lourenço, lui, s’est attaqué à la corruption, à l’inflation et à l’organisation d’élections municipales inédites depuis l’indépendance. Tiendront-ils la distance ?

• Tourisme : tous en Afrique !

Selon les professionnels du tourisme, l’Afrique devrait avoir le vent en poupe en 2019. En Égypte et en Mauritanie, la reprise se confirme, le Zimbabwe ou Madagascar multiplient les opérations de charme, et le tourisme médical se porte bien. En 2030, l’Afrique pourrait accueillir 110 millions de voyageurs extérieurs au continent.

• Football : Bonneteau et effet domino

Au moment où elle retirait au Cameroun l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations 2019, la Confédération africaine de football décidait de décaler de deux ans les CAN déjà programmées : celle du Cameroun à 2021, celle de la Côte d’Ivoire à 2023 et celle de la Guinée à 2025. Une idée du président Ahmad Ahmad qui n’est pas du goût de tout le monde.

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