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Politique

Algérie : éloge du statut quo

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Mis à jour le 25 décembre 2018 à 17:44

La révision de la Constitution de 2016 n’empêche pas Abdelaziz Bouteflika de se présenter en 2019 et même en 2024. © Ramzi Boudina/REUTERS

Abdelaziz Bouteflika avait promis pour sa première campagne en 1999 de ne pas être « les trois quarts d’un président ». Un serment qui semble bien loin ; octogénaire, affaibli par les séquelles d’un AVC, il n’est plus que l’ombre de lui-même.

Si l’annonce de sa (probable) candidature à la présidentielle de 2019 a suscité de nombreuses interrogations sur sa capacité à poursuivre l’aventure, elle n’a pas vraiment surpris. Comme la précédente, cette cinquième campagne pourrait se résumer à quelques gestes de la main devant les caméras.

Mais certains vont jusqu’à se demander si le principal intéressé y consent et s’il n’est pas poussé par son entourage. Ici, on parle d’État profond. De sa famille aux cercles économiques qui gravitent autour de lui, c’est la préservation de certains intérêts qui domine. Pourtant, la succession est inexorable. Le processus se fera-t-il dans la douleur ? Deux hypothèses ont les faveurs des observateurs : la désignation d’un homme lige – l’opposition ne semblant pas être en mesure de peser –, ou une reprise en main par l’armée.

Maintenir la paix sociale

D’ici là, les questions économiques pourraient prévaloir. Car le pouvoir n’aura bientôt plus les moyens de maintenir la paix sociale à coups de subventions. La planche à billets, abondamment utilisée ces derniers mois, n’est pas une solution viable à long terme. Les réserves de change ne permettront bientôt plus de financer les dépenses publiques. La crise économique et financière menace, alors que le chômage culmine déjà à 17 %. Chez les 16-24 ans, il s’élève même à 27 %.

La nécessité de diversifier l’économie pour sortir de la dépendance aux hydrocarbures est martelée par tous. En lieu et place des indispensables réformes, la prolongation du statu quo…