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Cet article est issu du dossier «Maghreb : la paix en votant»

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Politique

Libye : des élections à double tranchant

A police officer standing inside the building of high national elections commission in Tripoli after a suicide bombing, Wednesday, May 2, 2018.(AP Photo/Mohamed Ben Khalifa)/CAI107/18122617652301/1805021916

A police officer standing inside the building of high national elections commission in Tripoli after a suicide bombing, Wednesday, May 2, 2018.(AP Photo/Mohamed Ben Khalifa)/CAI107/18122617652301/1805021916 © MOHAMED BEN KHALIFA/AP/SIPA

Les élections en Libye ? Un songe, un mirage : chaque fois qu’elles semblent se concrétiser, elles s’éloignent tout aussi vite.

Le pays est divisé entre plusieurs institutions gouvernementales, parlementaires et militaires. Dans l’Ouest, le gouvernement d’Union nationale de Fayez al-Sarraj, bien que reconnu par la communauté internationale, n’a que peu de prise sur le terrain, dépendant qu’il est des milices qui contrôlent Tripoli. Le Haut Conseil d’État, issu des élections de 2012 et qui n’a en principe qu’un rôle consultatif, y fait figure d’Assemblée.

Dans l’Est, le maréchal Haftar contrôle les forces armées, quand Aguila Saleh, le président de la Chambre des représentants de Tobrouk, issu des élections de 2014, fait office de chef d’État de fait. Pour compliquer le tout, les autorités de l’Est ne reconnaissent pas la légitimité de celles de l’Ouest, et vice versa.


>> A LIRE – Abdulhamid al-Dabaiba : « Pour de vraies élections en Libye, il faut une Constitution »


Un cas d’école

Pour mettre fin à cet imbroglio, le président français, Emmanuel Macron, a cru bon d’encourager la tenue d’élections générales – présidentielle et législatives – le plus tôt possible, après avoir réuni les acteurs de la crise libyenne à Paris, en mai 2018. Selon ce plan, la Libye devait se doter d’une direction unifiée avant la fin de l’année. Mais le projet a fait long feu du fait de la situation sécuritaire.

La Libye est un cas d’école : est-ce le scrutin électoral qui conduira à une stabilisation du pays, ou est-ce la sécurité qui permettra de poser sereinement la question de la représentation des citoyens ? L’émissaire de l’ONU Ghassan Salamé a donné six mois aux Libyens pour organiser des élections générales, qui pourraient donc se tenir au plus tard à l’été 2019.

Accrochages à Tripoli

Salamé estime que la perspective d’un scrutin est en partie la cause des accrochages à Tripoli en septembre, chaque faction souhaitant avancer ses pions avant l’échéance.

À l’évidence, si les leçons de cet échec sont retenues, l’ONU devrait renoncer à fixer une date trop précise. D’autant qu’une conférence de réconciliation nationale est prévue en janvier…

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