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Cet article est issu du dossier «La France restituera-t-elle son patrimoine à l'Afrique ?»

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Culture

Restitution du patrimoine africain : en France, les vieilles rancœurs resurgissent

Stéphane Martin, président du Musée du quai Branly, à Paris.

Stéphane Martin, président du Musée du quai Branly, à Paris. © ROLLINGER-ANA/ONLYFRANCE.FR/AFP

Les conclusions du rapport Savoy-Sarr étaient à peine connues que déjà, en France, les esprits commençaient à s’échauffer.

Sans surprise, les journaux de droite (Le Point, Le Figaro) sont farouchement contre la restitution tandis que ceux de gauche (Libération, L’Humanité) saluent à la fois la qualité du travail et les mesures proposées.


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Chez les opposants, deux types d’argument prédominent. Premier argument, soutenu notamment par Stéphane Martin, le président du Musée du quai Branly, et Jean-Jacques Aillagon, l’ancien ministre de la Culture de Jacques Chirac, le travail des rapporteurs ne serait pas sérieux : pas assez d’avis contradictoires, de personnes et de pays consultés…

Restitutions permanentes contre prêts de longue durée

« Télécommandé » par Macron, le texte proposerait un « bricolage législatif » et serait l’expression de courants de pensée « partiaux, anachroniques, voire uchroniques » qui ne refléteraient que les « frustrations » d’une partie de la jeunesse et de l’intelligentsia africaines. « On nous dépeint comme des militants alors que nous sommes des universitaires, soupire Sarr. Toujours cette insupportable condescendance : dès qu’un Africain s’exprime, c’est forcément son affect qui parle… »

Le deuxième argument porte sur la recommandation des rapporteurs de procéder à des restitutions permanentes, et non, par exemple, à des prêts de longue durée. « Une mauvaise réponse à une question courageuse », s’agace Stéphane Martin. D’autres contestent l’idée selon laquelle les objets acquis l’auraient forcément été de manière inéquitable.


>>> À LIRE – Restitution du patrimoine africain : le combat de Felwine Sarr


Critiquant un texte « vicié et inopérant », le critique d’art Didier Rykner déplore que « les auteurs ne mettent pas en perspective la complexité de l’histoire coloniale ». Quant à l’avocat Yves-Bernard Debie, il s’étonne : « On présuppose que toute la période coloniale est par nature contrainte. » Étonnant étonnement !

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