Dossier

Cet article est issu du dossier «Côte d'Ivoire : la dernière ligne droite»

Voir tout le sommaire
Politique

Côte d’Ivoire : les derniers chantiers d’ADO

Le président ivoirien, Alassane Ouattara. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Quelle trace Alassane Dramane Ouattara (ADO) laissera-t-il dans l’histoire de la Côte d’Ivoire ? Depuis sa réélection, en octobre 2015, le chef de l’État y pense. À moins de deux ans de la fin de son deuxième quinquennat, il sait que le temps est compté et que, d’ici au mois d’octobre 2020, la perspective de l’élection présidentielle risque d’accaparer l’attention et les ressources de l’État.

Échaudé par les tensions constatées lors des scrutins locaux d’octobre 2018, il aimerait en particulier que le climat politique s’apaise. Cela passe par l’amélioration de ses relations avec l’ancien président Henri Konan Bédié – les tensions entre les deux hommes inquiètent, notamment les milieux religieux –, mais aussi par l’évolution du cadre électoral.

Tensions politiques et sociales

La réforme de la Commission électorale indépendante (CEI), dont la légitimité a été remise en question par la Cour africaine des droits de l’homme, sera en ce sens un moment important. Selon plusieurs sources diplomatiques, le gouvernement compte organiser une grande consultation dans le courant de 2019. Mais certains observateurs doutent de la volonté des autorités de réformer l’institution en profondeur.

Sachant sans nul doute que les chances du candidat du RHDP dépendent également de son bilan, ADO met la pression sur ses équipes pour que les grands projets engagés soient achevés avant 2020. C’est le cas de plusieurs projets d’infrastructures majeurs, parmi lesquels la construction de trois nouvelles universités à San Pedro, Man et Bondoukou, ou encore la réhabilitation du pont Félix-Houphouët-Boigny, à Abidjan, qui accuse un retard dont les autorités se sont récemment agacées.


>>> À LIRE – Côte d’Ivoire – Alassane Ouattara : « Je prendrai ma décision en 2020 »


Autre priorité du chef de d’État pour les mois à venir : le domaine social. L’inéquitable répartition des richesses étant, pour l’heure, l’une des principales critiques faites à son bilan. En octobre, le président Ouattara a ainsi chargé son Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, de plancher sur une série de mesures fortes.

Accompagnée par le cabinet britannique PwC, la primature a organisé plusieurs séminaires à Grand-Bassam associant différents ministères, le patronat ainsi que des représentants de la société civile et d’organisations de consommateurs, afin de mettre en place un plan social. « C’est plus qu’un impératif. Dans certaines couches de la population, on atteint des niveaux de pauvreté inquiétants », estime Ange Sayé, membre de la communauté Sant’Egidio à Abidjan.

Alors que de nombreux observateurs s’inquiètent de la montée des tensions politiques, le maintien d’un climat social consensuel sera un enjeu important. Après une année plutôt calme, les relations entre les autorités et les syndicats se sont brusquement dégradées à la fin du mois de novembre, remettant en question la trêve sociale signée en août 2017.

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte