Entreprises & marchés

La Belgique ne veut pas se limiter à la RDC pour faire des affaires

Didier Reynders, ministre fédéral des Affaires étrangères et européennes de la Belgique, à la tête d'une délégation de 469 chefs d’entreprise au Maroc en novembre 2018, en compagnie de la princesse Astrid © BELGA/AFP

Contrairement à certaines idées reçues, la Belgique n’a pas tiré sa prospérité du Congo, lequel, dans le même temps, ne lui aurait rien coûté non plus.

Des comptes à l’équilibre, aux moins jusqu’aux années 1960. Mais la Belgique n’était déjà plus là. Trois décennies plus tard, ses banques et ses principales entreprises désertaient la place à leur tour, au moment de la chute du président Mobutu. Elles ne sont pas revenues.

« Les relations avec la RD Congo sont évidemment très particulières, et un certain nombre de sociétés belges y travaillent toujours, mais nous sommes peut-être plus frileux que d’autres », reconnaît Jacques Evrard, président de la Chambre de commerce, de l’industrie et de l’agriculture Belgique-Luxembourg (CBL), l’ancienne Chambre belgo-congolaise. Comme un symbole…

Offensive maritime

Car l’Afrique, aujourd’hui comme hier, ne se résume pas à l’Afrique centrale pour les membres de la CBL ni pour ceux des trois organismes de promotions régionales : l’Agence wallonne à l’exportation et aux investissements étrangers (Awex), la Flanders Investment & Trade (FIT) et Brussels Invest & Export.

Chacun suit sa propre stratégie « en tentant de jouer la même partition », résume le patron de la CBL. Sous la baguette, plus ou moins argentée, du ministère des Affaires étrangères, qui, en plus de densifier ses propres services, organise chaque année une grande mission économique, comme cela a été le cas au Maroc, où 469 chefs d’entreprise se sont rendus à la fin de novembre en compagnie de la princesse Astrid.

Le port d’Anvers est très actif sur la côte ouest-africaine, et nos compagnies de dragage sont très demandées sur le continent

Fort de ces multiples réseaux, le secteur privé belge mène une offensive remarquée dans certains secteurs, à commencer par le maritime. « Le port d’Anvers est très actif sur la côte ouest-africaine, et nos compagnies de dragage – deux des quatre plus importantes du monde sont belges – sont très demandées sur le continent », précise Jacques Evrard.

© Jeune Afrique

Les entreprises du royaume jouent également des coudes dans les secteurs du BTP ou des télécoms, pendant que les diamantaires anversois et les cabinets d’avocats-conseils maintiennent la tradition. « Nous ne venons pas conquérir des marchés, mais participer à leur développement en mettant en place des partenariats comme Anvers le fait dans les ports. L’approche belge est avant tout pragmatique », résume Jacques Evrard. Qu’importe si Brussels Airlines devient peu à peu la filiale africaine de Lufthansa, les avions décollent toujours de la capitale belge.

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