Politique

RDC : pourquoi Félix Tshisekedi dit avoir été victime d’un complot dans l’accord de Genève

Réservé aux abonnés | | Par
Félix Tshisekedi

Félix Tshisekedi © Colin Delfosse pour JA

« Supercherie ! » Au moment de renier sa signature, au bas de l’accord de Genève, Félix Tshisekedi a eu ce mot, qui n’a pas été explicité. Pour Jeune Afrique, il a détaillé cette accusation, faisant son propre récit des négociations.

« Martin Fayulu, Freddy Matungulu et Adolphe Muzito, qui se présentaient comme le groupe du Bandundu [l’ex-province congolaise dont ils sont originaires], m’ont fait croire qu’ils étaient avec moi, affirme-t-il. Mais ils le faisaient croire aussi à Vital Kamerhe ! Le matin du vote, je suis allé le voir dans sa chambre, voisine de la mienne. Il était encore en peignoir. Sur le pas de la porte, je lui ai dit : « J’ai l’impression qu’on nous mène en bateau, je vais partir. »

Sur ce je suis allé voir Muzito au cinquième étage. Il m’a donné sa parole que le groupe Bandundu me soutenait. Je suis redescendu au rez-de-chaussée, et là Martin Fayulu m’a approché pour me dire la même chose, en me demandant de lui garantir le poste de Premier ministre. Nous partageons la même foi chrétienne [ils fréquentent la même église évangélique], et je lui ai fait confiance. C’est comme ça que je me suis fait avoir. »

Une trahison ?

À Genève, lors du premier tour du vote, Félix Tshisekedi, Martin Fayulu, Freddy Matungulu et Vital Kamerhe devaient choisir deux candidats à envoyer au second tour. Mais Fayulu a choisi Matungulu, éliminant ainsi Félix. Pour autant, Fayulu dément tout complot et insiste sur le consentement initial de Félix. « Après le premier tour, Moïse Katumbi a même fait une motion pour protester contre le résultat, rappelle-t-il. Et Félix s’y est opposé ! Je ne comprends pas ce qui s’est passé et je doute de le comprendre un jour. »


>>> À LIRE – RDC : comment l’opposition a sabordé l’accord de Genève pour un candidat commun


Pour sa part, Muzito affirme ne pas se souvenir du contenu de sa discussion avec Félix Tshisekedi, au matin du vote, mais affirme que « le groupe Bandundu n’a jamais existé ». « De toute façon, je n’étais pas votant pour le premier tour, et Félix n’était plus en lice au second. Donc je ne vois pas comment j’aurais pu le trahir. »

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3104_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer