Mode

Gueras Fatim : une paire de bottes réalisée à partir de « sacs Tati »

La styliste Fatoumata Guirassy. © Instagram Guerasfatim

Parmi les pièces de la dernière collection de Fatoumata Guirassy, un accessoire surprenant réalisé à partir de ces cabas dits « sacs Tati ».

Née en Auvergne de parents originaires du Sénégal et de Guinée, Fatoumata Guirassy commence ses études de stylisme au lycée des métiers de la mode et des arts de la ville de Riom. Après avoir décroché son bac, en 2010, la jeune femme, aujourd’hui âgée de 29 ans, poursuit sa formation, pendant un an, à l’École de Condé de Lyon, où elle se familiarise avec l’art contemporain, l’architecture d’intérieur et le design.

À Paris, elle est vendeuse de tissus au Marché Saint-Pierre avant d’intégrer une agence d’intérim spécialisée dans la couture. Elle travaille pour des griffes telles que Chloé, Céline ou Givenchy.

Les couleurs de la Terre

Forte de ces expériences, elle développe en 2015 sa propre marque, Gueras Fatim, tout en travaillant comme styliste free-lance. Elle propose des silhouettes simples et épurées. Ses coloris de prédilection : le kaki, le safran, le jaune moutarde, le marron, la teinte latérite. « Ces couleurs sont ma signature. Elles représentent la terre, tout ce qui est végétal, d’un point de vue spirituel. »

Après Mousso Baincko (« la terre des femmes », en français) et Tilocoto (« sous le soleil »), elle présente, en 2018, sa troisième collection, Mbe Horo (« tous nobles »), où dominent les tonalités chaudes. « C’est un hommage à mes origines. En utilisant le tissu indigo, le satin duchesse plissé ou le satin de viscose pour des sarouels, des djellabas ou des boubous portés en tunique, je rappelle les figures de la déesse africaine, du griot ou encore du “baye fall” [membre de la confrérie des mourides, au Sénégal]. Je les mets sur le même piédestal. »


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Des bottes à talons surprenantes

Côté prix, il faut compter 80 euros environ pour les basiques comme les tops ou les bodys, dont elle fabrique 30 pièces au maximum. Quant aux robes longues ou aux manteaux, produits en seulement trois exemplaires chacun, ils peuvent aller jusqu’à 500 ou 600 euros. « Je m’attache à ce que ma clientèle, plutôt des femmes de 18 à 40 ans, soit sûre de s’offrir quelque chose de quasi unique », souligne celle qui, en 2017, enregistrait un chiffre d’affaires d’environ 30 000 euros.

Parmi les accessoires de Mbe Horo, on trouve une paire de bottes à talons pour le moins surprenantes. Elles sont confectionnées à partir de ces fameux cabas dits « sacs Tati ». Leur nom : Ghana Must Go, pour évoquer les migrations sur le continent africain. « On a grandi avec ces sacs que nos parents utilisent pour voyager. Un jour, je me promenais avec et j’ai trouvé que j’avais une certaine allure. »

Pagne ou cuir

Elle souligne qu’il ne s’agit pas de la version définitive du modèle et qu’elle ne le vendra pas plus de 500 euros. « J’utiliserai du pagne tissé, ou alors du cuir imprimé, sur lequel je reproduirai les motifs. »

Mais qui serait capable d’arborer de telles chaussures ? « Je l’admets, il faut oser. Mais, à ma grande surprise, je reçois déjà énormément de demandes de la part de véritables modeuses. » Elle destine aussi ces bottes aux artistes qui mettent en avant « une nouvelle esthétique noire », comme la chanteuse Solange Knowles. « Elle colle parfaitement au modèle Ghana Must Go. »

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