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Cet article est issu du dossier «CAN 2019 : le grand cafouillage»

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Politique

Retrait de la CAN au Cameroun : enquête sur un double fiasco

Le stade Paul-Biya d’Olembé, au Cameroun, accueillera la CAN 2019. © Adrienne Surprenant/collectif item pour JA

Yaoundé s’est vu retirer l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations de football 2019. La CAF met en avant de graves retards dans la construction des infrastructures et dit assumer son choix. A-t-elle eu raison ? Enquête sur un double fiasco.

Ils l’ont fait. Le 30 novembre, les membres du comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) ont voté pour que l’organisation de la prochaine Coupe d’Afrique des nations (CAN) soit retirée au Cameroun. Sans doute n’était-ce pas vraiment une surprise : les retards dans la construction des infrastructures étaient notoires, et beaucoup ont vu dans la multiplication des missions d’inspection de la CAF un mauvais présage, glosant au passage sur la rivalité ancienne qui oppose Ahmad Ahmad, l’actuel président de la confédération, à son prédécesseur – camerounais – Issa Hayatou.

Quoi qu’il en soit, la conscience qu’un retrait menaçait n’a en rien atténué la douleur de sa survenance. Dans ce pays où le football est une religion d’État, les Camerounais ont reçu le camouflet en pleine figure. Ils savent que l’affaire va coûter plusieurs milliards de F CFA au contribuable et même ruiner des investisseurs privés – avec, en toile de fond, la révélation d’un univers de corruption, de coups bas et de connivences. Mais c’est un échec aussi pour l’instance qui gère le football continental. Sa communication brouillonne, ses maladresses diplomatiques et ses contradictions montrent qu’elle a tiré peu de leçons des revers passés. Enquête sur un double fiasco qui n’a pas encore livré tous ses secrets.

  • La décision est-elle irréversible ?

Pour la CAF, il n’y a pas de retour possible. À Accra, les membres du comité exécutif se sont exprimés à tour de rôle après avoir examiné l’avancement des travaux, et aucun ne s’est prononcé en faveur du Cameroun. « Cette décision a été unanime, confirme l’un des participants. Aucun des vingt membres présents ne s’y est opposé. »

L’idée du « glissement » est rapidement apparue, certains représentants d’Afrique centrale ayant estimé qu’au regard des milliards investis par Yaoundé, il ne fallait pas que l’organisation de la compétition lui soit purement et simplement retirée. « Ainsi a-t-il été suggéré d’approcher la Côte d’Ivoire, qui devait organiser la CAN 2021, pour permettre au Cameroun d’abriter la compétition cette année-là et de proposer à Abidjan 2023 ». « Une fois la décision prise, le président Ahmad a appelé le directeur de cabinet civil de Paul Biya, Samuel Mvondo Ayolo, pour le lui annoncer, raconte un autre membre du comité. Celui-ci lui a bien sûr fait part de son mécontentement. »

À Yaoundé, on a d’abord réfléchi à la possibilité d’attaquer la décision devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), arguant du fait qu’en décidant que la CAN se jouerait non plus à 16 mais à 24 équipes, la CAF avait unilatéralement alourdi le cahier des charges. Jusqu’à ce que, le 5 décembre, le gouvernement décide de jouer l’apaisement. Selon nos informations, il est même résolu à accepter la solution de 2021. Le ministère des Finances a lancé un inventaire des travaux et Yaoundé va engager des démarches pour œuvrer de concert avec la CAF afin d’organiser l’événement dans trois ans. Le Premier ministre, Philémon Yang, a aussi fait passer la consigne de surseoir à toute communication officielle incriminant la CAF ou son président. « Nous ne pouvons pas travailler ensemble pour 2021 si nous nous regardons en chiens de faïence », résume un officiel camerounais.


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  • Où en étaient les travaux exactement ?

Les rapports sur lesquels s’est appuyée la CAF n’ont pas été rendus publics et, sitôt sa décision connue, Yaoundé a protesté. Le 1er décembre, le ministre de la Communication, Issa Bakary Tchiroma, a dénoncé « une injustice flagrante », affirmant que « le Cameroun n’avait pas démérité ». Quant aux entreprises chargées de la construction des stades, elles ont également exprimé leur surprise. « Cette décision est scandaleuse, s’indigne le dirigeant de l’une d’elles. Pour ce genre de manifestation, il nous arrive de travailler jusqu’à la veille de l’ouverture. Pourquoi prendre une telle mesure six mois et demi avant la compétition ?  »

Si l’inquiétude était de mise au début de 2018 concernant la réalisation des stades, les choses s’étaient ensuite améliorées. Entre août et novembre, dates des deux derniers rapports remis à la CAF, le comité exécutif affirme même avoir constaté « beaucoup d’efforts ». À Bafoussam, Limbe et Yaoundé, les enceintes prévues pour accueillir les matchs étaient terminées et les travaux se poursuivaient au niveau des aménagements extérieurs et des terrains d’entraînement.

Dans la banlieue de Douala, le stade de Japoma (confié à la société turque Yenigün) ne donnait presque plus de sueurs froides : les voies d’accès étaient en cours de construction, la toiture et le gazon devaient être posés. Les effectifs sur les chantiers avaient même été doublés afin de rattraper les retards initiaux et de livrer la totalité des équipements en mars 2019. Pour le stade d’Olembé (banlieue de Yaoundé), attribué à la société italienne Piccini, l’optimisme avait fini par être de mise et le chantier avait « considérablement » accéléré dans les derniers mois, selon un proche du dossier.

Cette décision n’a pas été facile, car le Cameroun a fait des efforts importants et investi beaucoup d’argent, mais nous l’assumons totalement, résume Ahmad Ahmad

Piccini avait certes abandonné l’option de l’ouverture d’une usine pour fabriquer ses matériaux localement. Mais, en choisissant d’importer des matériaux préfabriqués et en augmentant les effectifs, elle espérait combler les retards. La date de livraison du stade avait d’ailleurs été maintenue en décembre. Le centre commercial et l’hôtel sont toujours prévus pour mars 2019.

Reste le stade Roumdé-Adjia, à Garoua, qui causait davantage d’inquiétudes. Les autorités ont également demandé une augmentation du nombre d’ouvriers, et les travaux en sont à la pose des gradins et à l’aménagement de l’aire de jeu. Étaient en revanche toujours préoccupants les retards concernant les terrains d’entraînement et, surtout, les infrastructures hôtelières et hospitalières.

« Beaucoup d’efforts avaient été accomplis, mais le taux d’avancement global, à hauteur de 65 % à 70 % sur tout le pays, restait trop faible », confie un membre du comité exécutif, qui détaille « deux stades opérationnels sur sept » et « six ou sept terrains d’entraînement achevés seulement »… « On ne pouvait plus attendre, résume Ahmad Ahmad. Cette décision n’a pas été facile, car le Cameroun a fait des efforts importants et investi beaucoup d’argent, mais nous l’assumons totalement. »

CRISTINA ALDEHUELA/AFP

  • Pourquoi ces retards ?

Selon un membre du Comité d’organisation de la CAN (Cocan), beaucoup de temps a été perdu depuis 2014. Le comité lui-même n’aurait en réalité jamais fonctionné, ne se réunissant que très rarement. « Même les sponsors étaient désorientés, confie le Congolais Constant Omari, vice-président de la CAF. Ils savaient à peine quels sites avaient été retenus pour la compétition. » « C’est surtout le volet “routes” qui semble avoir motivé la décision de la CAF car, au niveau des stades, il n’y avait pas de problème », tempère un constructeur.

En d’autres termes, ce sont avant tout les infrastructures financées directement par l’État qui semblent avoir ralenti le processus. En octobre dernier, la Commission camerounaise des marchés financiers tentait d’ailleurs de venir à la rescousse en accordant un emprunt de 150 milliards de F CFA (près de 229 millions d’euros) à l’État. Quelque 70 % de cette somme devaient être dévolus à la CAN : 36 milliards pour Olembé, 34 pour Japoma, 20 pour Garoua et 9 pour Bafoussam.

On a voulu faire de la CAN un argument pour la campagne présidentielle. Résultat : on a perdu énormément de temps, explique Constant Omari

À Bafoussam, lors de sa dernière tournée d’inspection le 13 novembre, la CAF avait été étonnée de l’état exécrable de la voirie et du manque d’infrastructures sanitaires. Le stade lui-même, construit par China National Machinery and Equipment Import and Export Corporation, était pourtant quasiment achevé depuis presque trois ans. Mais, en juillet 2018, le Premier ministre Philémon Yang lui-même avait encore dû tirer la sonnette d’alarme en se rendant sur place.

La construction de 19,5 km de route, de dix kiosques à eau, de toilettes publiques, de candélabres solaires et d’espaces publics, avec notamment des parcs de loisirs ouverts, était encore d’actualité en novembre, tout comme la réfection et le bitumage de plusieurs axes routiers à l’intérieur de la capitale de l’Ouest. Mais les habitants – et les professionnels du tourisme qui en espéraient beaucoup – avaient appris à prendre ces promesses avec philosophie…

« En réalité, on a passé plus de temps à distribuer des contrats et à placer des proches qu’à s’inquiéter du calendrier, accuse un familier du dossier. On a voulu faire de la CAN un argument pour la campagne présidentielle. Résultat : on a perdu énormément de temps. » « Le président Biya n’était pas bien informé des retards. Nous nous en sommes rendu compte lorsqu’il nous a reçus à Yaoundé, le 2 octobre. Il y avait un écart important entre le chronogramme et la réalité », explique encore Constant Omari.


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  • Y’avait-il un risque sécuritaire ?

Officiellement, « la sécurité n’a pas été un facteur déterminant », assure un membre du comité exécutif. Toutefois, cette question a « ajouté un argument », consent l’un de ses collègues. Une mission composée de spécialistes de la sécurité – le colonel nigérien Djibrilla Hima Hamidou, le Nigérian Christian Emeruwa, le Français Serge Dumortier et le général rwandais Jean Bosco Kazura – avait ainsi été dépêchée au Cameroun du 30 octobre au 3 novembre.

Constatant certains « manquements », elle avait dit sa « satisfaction par rapport aux sites visités ». Mais avait également conclu que le Cameroun aurait des difficultés à accueillir la CAN dans de bonnes conditions en raison de la crise anglophone. « Même si les risques sécuritaires sont conjoncturels et que l’État aurait pu régler la crise d’ici à juin 2019 en déployant des troupes supplémentaires, nous n’avons pas voulu prendre de risques », conclut une source au sein du comité exécutif.

Le 13 juillet dernier, les séparatistes anglophones et l’armée camerounaise s’étaient affrontés deux jours durant à quelques kilomètres de Limbe, seule ville du Cameroun anglophone (Sud-Ouest) où devaient se disputer des matchs. Le 23 septembre encore, une gendarmerie était attaquée à l’intérieur même de Limbe, et le 26 du même mois, deux policiers y étaient tués. Le 30 novembre, se félicitant de la décision de la CAF, Ayaba Cho Lucas, un des leaders sécessionnistes en exil, se réjouissait d’avoir « rendu le Cameroun ingouvernable ».


>> A LIRE – Crise anglophone au Cameroun : exode massif à l’approche de la présidentielle


  • Quel impact économique pour le Cameroun ?

Difficile de chiffrer précisément ce que coûte une CAN, et seul un audit financier pourrait permettre de chiffrer l’impact de la décision de la CAF. Ce qui est sûr, c’est que jusqu’à ce que le couperet tombe, le 30 novembre, le rattrapage des retards était une priorité budgétaire. Le budget 2019, arrêté à 4 805,5 milliards de F CFA et dont plus du quart devait être consacré à l’investissement public, était tourné vers cet objectif.

Or le glissement de 2019 à 2021 va logiquement différer le retour sur investissement. Même si les chantiers sont bien livrés en juin 2019, comme l’assurent les autorités, il faudra entretenir les équipements jusqu’en 2021. Et si Yaoundé décidait de ralentir la cadence, voire d’étaler les travaux jusqu’à 2021, cela induirait également des coûts supplémentaires. Sans oublier tous ces emplois directs ou indirects qui auraient dû être créés dans les transports, la santé, l’hôtellerie ou le tourisme.

La facture du retrait de la CAN sera donc salée pour l’État mais aussi pour le secteur privé. Ne serait-ce que parce que c’est vers les investisseurs privés nationaux que s’est tourné le gouvernement lorsqu’il a fallu mettre les infrastructures hôtelières au niveau. La plupart ont financé des travaux de rénovation ou d’agrandissement avec des emprunts, et les avances promises par l’État n’ont souvent pas été intégralement payées. Avec le report de la compétition, les retombées directes escomptées sont différées, mais les investisseurs devront malgré tout honorer les échéances de remboursement de leurs crédits.

Sunday Alamba/AP/SIPA

  • La Côte d’ivoire peut-elle accepter d’attendre 2023 ?

Abidjan n’a guère apprécié l’idée du glissement, qui l’obligerait à organiser la CAN en 2023 plutôt qu’en 2021. Ahmad Ahmad, à l’issue de la réunion d’Accra, a bien tenté d’appeler le directeur de cabinet d’Alassane Ouattara pour l’informer de sa décision, mais la communication n’a pu être établie. Ni la présidence ni le ministère des Sports n’ayant été prévenus, les autorités ivoiriennes ont fait part de leur indignation.

« Ahmad Ahmad était à moins d’une heure d’Abidjan, mais il ne s’est même pas donné la peine de faire le déplacement. Il aurait pu aussi avertir Sidy Diallo, le président de notre fédération de football, qui était au Ghana, mais il ne lui a rien dit, tempête Claude Paulin Danho, le ministre des Sports. Nous ne comprenons pas les méthodes cavalières et discourtoises de la CAF, mais la Côte d’Ivoire est un pays de dialogue. Si nous sommes officiellement saisis, nous sommes prêts à discuter. »

À l’heure où je vous parle, [cela] n’a quasiment pas avancé. Nous n’avons pas envie de nous retrouver fin 2020 dans la même situation qu’aujourd’hui ! affirme Ahmad Ahmad à propos de la Côte d’ivoire

À en croire Ahmad Ahmad, la Côte d’Ivoire n’est pas prête elle non plus. « À l’heure où je vous parle, [cela] n’a quasiment pas avancé. Nous n’avons pas envie de nous retrouver fin 2020 dans la même situation qu’aujourd’hui ! » « Nous sommes à trois ans de l’échéance et nous avançons chaque jour, rétorque Claude Paulin Danho. Ce n’est pas la première fois que notre pays organise une CAN. Nous savons relever les plus grands défis. »

Au-delà de la forme, la Côte d’Ivoire devrait accepter son sort d’assez bonne grâce – ce qui permettrait de ne pas imposer un rythme effréné sur les chantiers, mais aussi d’organiser la compétition à bonne distance de la présidentielle de 2020. En coulisses, des négociations financières devraient suivre. La plupart des investissements consentis par les États pour organiser la CAN l’ont en effet été sous forme de prêts, à des taux d’autant plus élevés que l’échéance était proche. Selon nos informations, les parties prenantes estiment qu’un changement de calendrier devrait s’accompagner de compensations financières de la part de la CAF.

  • Quelles conséquences politiques pour Paul Biya ?

Le chef de l’État, qui s’était engagé à ce que « le Cameroun soit prêt le jour J », comptait sur l’esprit CAN pour apaiser les tensions consécutives à sa réélection contestée en octobre. Le compte à rebours précédant la compétition faisait déjà monter cette fièvre qui a toujours détourné les Camerounais de la politique. Plus ils pensent au foot, moins ils pressent le président, qui a prêté serment le 6 novembre, de nommer ce nouveau gouvernement qu’on attend toujours…

Mais patatras ! En lui retirant la CAN 2019, la CAF met le dirigeant en mauvaise posture. Le revoici sous le feu des critiques pointant les problèmes de gouvernance, les manquements de la technostructure administrative, lente mais hyper puissante, la corruption endémique, les difficultés chroniques à conduire les projets d’investissement jusqu’à leur terme… Encore heureux que les prochaines législatives aient été reportées à novembre 2019 !

Des têtes vont tomber. La seule question, c’est quand, prédit néanmoins un ancien ministre

Si celles-ci devaient se tenir dans ce contexte morose, le parti au pouvoir pourrait se faire du souci et, à n’en pas douter, l’opposition tenterait d’en profiter pour gagner des sièges à l’Assemblée. Dans ce fiasco, le président peut néanmoins remercier la CAF, qui a attendu l’après-présidentielle pour rendre sa décision alors que, plusieurs semaines avant le scrutin, elle doutait déjà de la capacité du pays à respecter ses engagements.

Si l’on devine que le coup est rude pour Paul Biya, ce dernier n’en montre rien. Les Camerounais expriment quasi unanimement des sentiments de colère et d’humiliation, mais le chef de l’État a présidé la Coupe du Cameroun de football, le 2 décembre, avant de se faire photographier tout sourire deux jours plus tard aux côtés de Chantal, son épouse, qui fêtait son quarante-huitième anniversaire. « N’allez surtout pas croire qu’il n’y aura pas de conséquences, prédit néanmoins un ancien ministre. Des têtes vont tomber. La seule question, c’est quand. »


De nombreux précédents

Ce n’est pas la première fois que la CAN doit être délocalisée. En 2000 déjà, le Zimbabwe en avait été dépossédé en raison des retards dans la construction et la rénovation des stades, au profit du Nigeria et du Ghana. Plus récemment, en 2013, la Libye, alors en proie aux combats et à l’instabilité politique, n’avait pu recevoir la Coupe, qui était allée à l’Afrique du Sud.

La Libye devait en échange récupérer l’organisation de l’édition 2017, mais celle-ci a finalement eu lieu au Gabon. En 2015, le Maroc avait demandé le report de la CAN alors que l’épidémie d’Ebola sévissait sur le continent, mais la CAF avait refusé et attribué la compétition à la Guinée équatoriale, déjà hôte, avec le Gabon, de la CAN 2012.

Pour 2019, le royaume pourrait de nouveau être candidat, de même que l’Afrique du Sud. Les deux États ne manquent pas d’arguments. Le Maroc pourrait ainsi se consoler de la perte du mondial 2026, qu’il s’était proposé d’organiser. Quant à l’Afrique du Sud, qui a déjà accueilli le mondial en 2010, elle cherche depuis à rentabiliser des installations qui étaient apparues, à l’époque, fort onéreuses.

L’appel à candidatures a été lancé le 6 décembre et une décision sera prise avant la fin du mois.

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