Tourisme

Tourisme : à la redécouverte du sud de l’Algérie

Le massif de l’Atakor, vu du plateau de l’Assekrem. © Eric Bonnem/secret planet

Plusieurs tour-opérateurs spécialisés proposent à nouveau des circuits touristiques à Djanet ou à Tamanrasset, dans le Sud algérien, en garantissant une sécurité maximale.

« Nous avions tout arrêté en 2010, soupire Issa Smatti, directeur d’un vaste département Asie centrale-monde arabe chez Nomade aventure. Et puis, enfin, nous pourrons de nouveau emmener nos clients dans le Sahara algérien le 12 janvier ! » Le voyagiste français compte parmi la petite dizaine de spécialistes européens qui commencent à reprendre le chemin des dunes blondes, blanches, ocre et des gravures rupestres.

La désaffection des touristes pour le pays a été à la hauteur des drames qui l’ont secoué. L’enlèvement de touristes dans le Sahara en 2003, la prise d’otages de Tiguentourine en 2013, l’assassinat du guide Hervé Gourdel en Kabylie en 2014, notamment, ont durablement marqué les esprits.

À Djanet, beaucoup de Touaregs qui vivaient du tourisme ont dû s’exiler vers les grandes villes du Nord pour travailler

« C’est simple, on est passé d’une moyenne de 3 000-4 000 touristes il y a dix ans à presque plus personne », précise Éric Bonnem, président de Tamera, spécialisé dans les voyages d’aventure. Lui n’a jamais cessé de parcourir ce Sud algérien pourtant déconseillé par le ministère des Affaires étrangères français. « Mais, au creux de la vague, nous n’accompagnions plus qu’une petite vingtaine de passionnés, souligne-t-il. Cette année, nous avons eu soixante-dix clients et nous en espérons au moins le double l’année prochaine. »

La période de disette touristique a évidemment eu des conséquences. « Il y a tout un savoir-faire qui s’est perdu, estime Éric Bonnem. À Djanet, par exemple, beaucoup de Touaregs qui vivaient du tourisme ont dû s’exiler vers les grandes villes du Nord pour travailler. »


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Escorte militaire

Les voyagistes insistent sur la sécurité de leurs circuits. « Notre souci premier, c’est l’humain, pas le gain, martèle Issa Smatti. Bien sûr nous ne dormons pas n’importe où, nous ne lâchons pas nos clients seuls en ville, nous évitons les foules… »

À Tamanrasset, à 1 600 km à vol d’oiseau au sud d’Alger, les groupes doivent être escortés par des militaires. Pour certains voyagistes, cette mesure « irréaliste » devrait être abandonnée. D’autres préfèrent se centrer sur la région autour de Djanet – à 1 500 km au sud-est d’Alger, du côté de la frontière libyenne – pour éviter qu’un gendarme ne leur interdise de prendre la route.

Le Hoggar peut aussi se parer d’oseille rouge. © PHOTOS : Éric bonnem/secret planet/Tamera

Circuits peu onéreux

Les contraintes sont fortes. Reste que les circuits sont relativement peu onéreux. Premiers prix : 1 210 euros pour huit jours (vol compris) chez Tamera pour une randonnée chamelière dans l’oued Tekkat n’Ténéré ; 1 139 euros pour un circuit de neuf jours entre les pics volcaniques de l’Atakor, le plateau du Hoggar et le massif de granit rose de la Taessa chez Nomade aventure.

Surtout, l’expérience reste exceptionnelle. « Il y a d’abord le contact avec les Touaregs, les bivouacs, les nuits à la belle étoile, sourit Éric Bonnem. Et puis c’est la seule région au monde où l’on retrouve un espace mêlant dunes, grottes, canyons et de l’art rupestre immédiatement accessible. La première fois que je suis allé sur place, un jour, j’ai shooté dans une pierre… révélant, au dos, un guépard gravé ! »

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